La ministre Verlinden plaide pour un "modèle 2+2" entités fédérées, les partis francophones sont outrés

La suggestion de réforme de l'Etat formulée par la ministre fédérale Annelies Verlinden (CD&V, photo) et basée sur un "modèle 2+2" a été très mal accueillie par les partis francophones mercredi soir. Oliver Paasch, le ministre-président germanophone, a également réagi. Face aux nombreuses critiques, le cabinet de la ministre de l'Intérieur et des Réformes institutionnelles a envoyé un nouveau communiqué de presse dans la soirée précisant que l'intention était de débattre d'un modèle "2+2" ou d'un modèle "à quatre entités".

Dans un premier document envoyé aux rédactions en prévision de la conférence qu'elle allait donner dans l'après-midi à l'Université de Gand (UGent), le cabinet de la ministre démocrate-chrétienne flamande Annelies Verlinden indiquait qu’elle allait suggérer une réforme de l'Etat sur base d'un "modèle 2+2" avec deux entités fédérées ('deelstaten' en néerlandais, à savoir la Flandre et la Wallonie) et deux sous-entités ('deelgebieden', à savoir Bruxelles et la partie germanophone Ostbelgien). Le terme 'sous-entité' n'a pas été prononcé oralement par la ministre à Gand.

Cette vision de l'avenir de la structure de l'Etat belge a cependant été très mal accueillie par les partis francophones. "Considérer Bruxelles comme une sous-entité n'est pas une option", a déclaré la vice-Première ministre et ministre des Affaires Etrangères Sophie Wilmès (MR) à l’agence Belga, ajoutant avoir pris contact avec Annelies Verlinden pour exprimer son "désaccord profond". "Elle m'a indiqué que, dans son esprit, Bruxelles n'était pas une sous-entité. Dont acte", a ajouté l’ancienne Première ministre.

Les réactions ont plu toute la soirée dans les rangs francophones. "Bruxelles est une Région à part entière avec une identité multiple qui mérite d'être respectée", a notamment tweeté la co-présidente d'Ecolo Rajae Maouane. "Il est bel et bien prévu de préparer la future réforme de l'Etat durant cette législature. Et toutes les contributions sont les bienvenues. Mais une proposition qui nie 1,3 million de Belges ! Un faux départ, sans aucun doute", a de son côté estimé le vice-Premier ministre Pierre-Yves Dermagne (PS) sur ce même réseau social.

Dans un nouveau communiqué de presse envoyé par le cabinet Verlinden mercredi soir, la ministre nuance et plaide pour un "débat approfondi sur la réforme de l'Etat dans lequel des idées telles qu'un 'modèle 2 + 2' ou un modèle 'avec quatre entités fédérées' peuvent également être discutées."

Au micro de l’émission "De ochtend" (VRT) ce jeudi matin, le politologue Carl Devos  (UGent) a estimé que la ministre CD&V a "provoqué sans le vouloir. Sa proposition n’est pas encore finalisée. Elle l’a d’ailleurs signalé".

Oliver Paasch, le ministre-président germanophone, réagit aussi

Dans un courrier à l'attention de la ministre de l'Intérieur, le chef du gouvernement germanophone (photo) fait part de son mécontentement face au modèle proposé par Annelies Verlinden. "Un modèle dans lequel la Communauté germanophone serait une "sous-entité" n'est pas une option acceptable ", indique le cabinet d'Oliver Paasch dans un communiqué de presse.

Le ministre-président rappelle ainsi la position de la Communauté germanophone par rapport à une nouvelle réforme de l'Etat alors que les ministres Verlinden et Clarinval ont déjà consulté les entités fédérées à ce sujet. "Le 12 janvier dernier, lors d'un entretien personnel, Oliver Paasch a clairement indiqué que la Communauté germanophone ne pourrait se reconnaître que dans une structure étatique au sein de laquelle elle serait considérée comme un partenaire bénéficiant des mêmes droits et compétences que les autres entités fédérées".

Une position établie et soutenue par deux résolutions, approuvées par le Parlement, qui ont été jointes au courrier adressé à la ministre. Oliver Paasch espère que la position des Belges germanophones sera prise en compte lors des discussions et négociations en vue d'une éventuelle nouvelle réforme de l'Etat.

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