L'étudiant Ahmed Samir, emprisonné depuis un mois en Egypte, devait se marier prochainement à Gand

Ahmed Samir, un étudiant égyptien qui vit et étudie à Vienne depuis deux ans, est emprisonné en Egypte depuis le début de ce mois. Il est soupçonné d'appartenir à un groupe terroriste et de diffuser des fake news, mais sa petite amie flamande Souheila Yildiz dément catégoriquement ces accusations. Elle a témoigné au micro de la VRT. Depuis janvier, date de la commémoration du printemps arabe, des chercheurs, militants des droits de l'homme, journalistes et tous ceux qui sont susceptibles de critiquer le régime du président Abdul Fatah al-Sisi ont été arrêtés en masse. Ahmed n'est que l'un d'entre eux.

Ahmed Samir est étudiant en master de sociologie à l'université CEU de Vienne où il fait des recherches sur les droits des femmes. Pendant les vacances de Noël, il a décidé de retourner dans son pays natal pour rendre visite à sa famille et à ses amis. Une fois sur place, il a été interrogé sur ses études pendant deux heures à l'aéroport, mais a ensuite été libéré.

Le 23 janvier, les policiers ont fait une descente au domicile de ses parents, Ahmed était alors absent car il se trouvait avec ses amis. Il a toutefois décidé de se rendre volontairement au poste de police, car, il a déclaré à sa petite amie Souheila au téléphone : "Je n'ai rien à cacher". Mais a ensuite été emprisonné.
L'arrestation d'Ahmed a déjà donné lieu à plusieurs protestations, tant à Vienne qu'à Bruxelles. Vendredi dernier, plusieurs membres de l'organisation des droits de l'homme Amnesty International et des étudiants se sont réunis devant l'ambassade d'Egypte pour demander sa libération. Sa petite amie est très inquiète de ce qu'Ahmed doit affronter. "Ma vie s'est arrêtée, c'est comme si j'étais moi aussi sdans la cellule", dit-elle à la VRT. "Nous devions nous marier à Gand à la fin de cette année et construire notre vie ici."

Le 6 février, Ahmed Samir a comparu devant la Cour suprême de la sûreté de l'État. Il est soupçonné de participer à un groupe terroriste et de diffuser de fake news. Ce faisant, il porterait atteinte à l'ordre social et à la sécurité publique. Ses avocats, sa compagne et ses amis qualifient ces accusations d'infondées et de fausses. Ahmed aurait également été torturé. L'université de Vienne réagit avec stupeur : "L'arrestation d'Ahmed est un exemple clair de la répression des chercheurs par les autorités égyptiennes".

Le procureur a décidé de maintenir Ahmed Samir en détention préventive pendant quinze jours, une décision qui a été à nouveau prolongée le 21 février. La prolongation de la détention préventive est un moyen courant en Égypte de détenir des prisonniers politiques sans procès. Selon la loi égyptienne, cela peut prendre jusqu'à deux ans, mais cette période est régulièrement dépassée.
 

Une terrible répression dénoncée par Amnesty International

Entre-temps, Ahmed a été transféré à la tristement célèbre prison de Tora, un complexe pénitentiaire surpeuplé où sont détenus des prisonniers de droit commun et politiques. Les prisonniers sont également torturés et très mal protégés contre la pandémie de coronavirus. Les proches d’Ahmed ignorent ce qu’il peut lui arriver et sont très inquiets pour lui.

Dix ans après le soulèvement populaire du 25 janvier 2011, la répression dans le pays est plus grande que jamais. Selon diverses organisations de défense des droits de l'homme, l'Égypte, sous le régime du président al-Sisi, est devenu l'un des pays les plus répressifs au monde
 

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