"Le nouveau système de tests salivaires rapides est prêt"

Le microbiologiste de l'Université d'Anvers (UA) Herman Goossens (photo) a annoncé ce vendredi devant la commission spéciale Covid de la Chambre que le nouveau système de tests salivaires rapides qu'il a développé est prêt. Selon lui, ce test pourrait être utilisé par les enseignants et les étudiants eux-mêmes et permettre ainsi d'assouplir plus rapidement les mesures sanitaires dans l'enseignement. Une campagne d'essai a eu lieu cette semaine dans trois écoles en Flandre. Goossens espère le lancement d'un marché public dès mardi prochain au nord du pays.

Ce test serait réalisé grâce à un flacon mélangé à un réactif. Le résultat serait annoncé instantanément. Herman Goossens, président de la "task force" chargée de la politique de test en Belgique, a indiqué avoir essayé la technique dans trois écoles flamandes, à Diest, Courtrai et Anvers. "On l'a fait discrètement et on n'a pas mis les médias au courant. Je vais à présent essayer de convaincre le ministre flamand de l'Enseignement Ben Weyts de lancer un marché public".

Ce test rapide est différent de celui développé par l'Université de Liège, avec lequel travaille le gouvernement wallon. Auditionné à la Chambre, Herman Goossens a déploré le fait que les capacités de tests PCR ne sont à ses yeux pas suffisamment utilisées. "Les huit laboratoires universitaires sont rémunérés par l'Inami pour assurer 2.000 tests par jour. En janvier, on l'a fait, et nous étions numéro 1. En février, on était à 1.400 tests par jour en moyenne. Ça suit partout, sauf à Liège où l'on ne traite que 100 à 200 tests", a pointé le microbiologiste.

Herman Goossens s'est aussi demandé pourquoi le système des "testbus" (des bus se rendant sur le terrain) n'était pas davantage développé. Il s'est en outre interrogé sur la non-utilisation des tests antigènes. "1,2 million de ces tests rapides ont été achetés et seuls 15.000 ont été utilisés ! Bruxelles en a acheté 100.000. Ils trainent dans une cave ! Dans les écoles, 716 tests rapides ont été réalisés et dans les entreprises... 16 ! Alors que l'on sait que certaines sociétés en ont acheté."

Manque de généralisation ?

Herman Goossens a encore déploré la non-généralisation de certains projets-pilotes concernant les tests rapides antigènes dont les résultats s'étaient révélés probants. "A Courtrai, on a testé de cette manière les visiteurs des maisons de repos et les résidents. Excellente démarche, mais on ne généralise pas ! On teste les sans-abri à Bruxelles, cela donne de très bon résultats et on ne généralise pas à tout le pays ! ", a-t-il déploré.

D’après le professeur Goossens, la loi votée le 22 décembre dernier organisant le testing en Belgique est un bon texte, qui permet d'éviter l'anarchie. Elle est toutefois, à ses yeux, trop stricte. "La loi interdit les autotests. Dans mon laboratoire, on peut analyser 7.000 tests par jour. Mais il faut prélever ! D'où l'importance de l'auto-prélèvement." Il a à ce titre appelé à lever les "corporatismes". "En Autriche, les enfants se testent eux-mêmes ! Mon petit-enfant de 9 ans est tout à fait capable d'utiliser un écouvillon ! "

En début de crise, seule l'Allemagne a géré correctement le testing, estime Goossens. "Nous avions déjà les premiers documents concernant les tests PCR dès début février 2020. Et ils ont commencé à commander des réactifs et décidé de tester à plus large échelle. Tous les pays ont commis la même erreur à l'exception de l'Allemagne, qui a imposé la quarantaine et le test aux skieurs venus d'Italie. C'est ce que l'on aurait dû faire."

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