Triste bilan après un an de coronavirus: 18 000 décès de plus que la normale annuelle

Une année de crise du coronavirus a provoqué une forte surmortalité dans notre pays. Depuis mars de l'année dernière, un total de 127 224 personnes sont décédées. C'est 18 000 décès de plus que la moyenne. Les principaux responsables sont le coronavirus, bien sûr, mais aussi la vague de chaleur de cet été. Cliquez sur la carte (ci-dessous) pour savoir quelle est la situation dans votre commune.

Environ 110 000 personnes meurent en moyenne chaque année dans notre pays. Un chiffre qui est resté assez stable depuis plusieurs décennies. Jusqu'à ce que le coronavirus nous frappe en mars de l'année dernière.

On ne sera pas surpris d'apprendre que, depuis lors, le nombre de décès est considérablement plus élevé que la normale. Selon les chiffres provisoires de Statbel, le service statistique du gouvernement, il y a eu exactement 18 425 décès de plus que la moyenne des trois années précédentes. Soit une augmentation de 17 %.

"C'est tout à fait exceptionnel et sans précédent depuis la Seconde Guerre mondiale", déclare le statisticien de Statbel, Patrick Lusyne. Les mois d'avril (15 523 décès) et de novembre (14 072 décès) de l'année dernière ont connu le plus grand nombre de décès jamais enregistrés (depuis que Statbel le début des statistiques mensuels en 1919, ndlr).

"Depuis le début de l'épidémie, les chiffres de la surmortalité sont presque entièrement conformes à ceux des décès dus au COVID-19", déclare Patrick Lusyne. "Nous avons vu des pays où c'était est différent, mais cela indique que nos chiffres du coronavirus sont tout à fait corrects en termes de nombre de décès."

Voir ci-dessous, le graphique du nombre de décès par mois (de 2015 à 2021)

 

Le petit pic de décès du mois d'août a été causé par la vague de chaleur qui a duré 12 jours.

Actuellement, environ 25 personnes en moyenne meurent encore chaque jour des conséquences d'une infection au coronavirus. Pourtant, pour l'instant, il n'y a pas de surmortalité cette année, affirme Patrick Lusyine.

"Il y a toujours des mesures en place pour prévenir d'autres causes de décès. Par exemple, il n'y a pas eu d'épidémie de grippe saisonnière cette année, il y a donc une certaine compensation, surtout dans les groupes d'âge plus élevés."
 

Mortalité par commune et par province

Si l'on examine les chiffres régionaux, on constate que la plus forte augmentation a eu lieu à Bruxelles et en Wallonie. À Bruxelles, 22 % de personnes en plus sont mortes par rapport à la moyenne des 3 années précédentes. En Wallonie, l'augmentation a été de 20 %, en Flandre de 15 %.

Si on examine encore plus en détail, le niveau du taux de mortalité au niveau communal, il y a également de grandes différences. La surmortalité est ainsi très visible à Ardooie et à Poperinge, en Flandre occidentale, en Région bruxelloise à Berchem-Sainte-Agathe et à Hoeselt dans le Limbourg. En Wallonie, le pourcentage de surmortalité est élevé à Wasseiges, Attert, Awans et Hamois.

En outre, il existe également des communes dont le taux de mortalité est nettement inférieur, comme Zuienkerke (Flandre occidentale), Tellin (Luxembourg) et Lo-Reninge (Flandre occidentale). Dans ces communes il y a eu moins de décès que d’habitude.

Cliquez sur la carte (ci-dessous) pour savoir quelle est la situation dans votre commune.

Pourcentage de surmortalité par commune (de mars 2020 à février 2021)

Les différences d’une commune à l’autre n'ont à première vue rien à voir avec la densité de la population, estime Statbel.

"Une commune comme Saint-Josse-ten-Noode, qui présente la plus forte densité de population du pays (23 358 habitants au km²), a un taux de mortalité comparable à celui de, Gingelom (Limbourg), dont la densité de population n’est que de 148 habitants au km².

Une meilleure condition socio-économique ne joue pas non plus , ni même la structure d'âge : les communes ayant une plus grande proportion de personnes âgées n'ont pas nécessairement un taux de mortalité plus élevé.

"Il n'est pas exact non que les communes les plus fortement touchées aient été le moteur de l'épidémie", précise Patrick Lusyne. "Cela peut être lié, par exemple, à la présence d'une maison de repos ou de soins qui a eu le malheur de voir arriver le virus. En soi, cela n'a rien à voir avec la communauté où cela se passe."
Statbel souligne toutefois que la surmortalité en pourcentage peut être très variable au niveau de la commune : "De petits changements dans le nombre de décès peuvent avoir un effet important en termes de pourcentage".

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