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La Belgique poursuit l'utilisation du vaccin AstraZeneca : "pas de preuve d'incidence sur les caillots sanguins"

Le Conseil supérieur de la santé (CSS) a maintenu lundi sa décision de poursuivre la vaccination contre le Covid-19 avec le vaccin AstraZeneca en Belgique. L’information rapportée par la RTBF a été confirmée par le cabinet du ministre de la Santé publique Frank Vandenbroucke. Le CSS reste aligné sur la position de l'Agence européenne des médicaments (EMA). De son côté, l’Agence flamande Soins et Santé réaffirme également qu’il n’y a "pas de preuve de problème" avec l’AstraZeneca.

Depuis une semaine, plusieurs pays ont suspendu la vaccination au moyen du produit développé par AstraZeneca après de graves problèmes sanguins constatés chez des personnes vaccinées. Mais rien n'indique un lien de cause à effet et les annonces des autorités de santé divisent les professionnels.

L'Autriche avait lancé le mouvement le 8 mars en suspendant un lot de vaccins après la mort d'une femme de 49 ans qui venait de recevoir une dose d'AstraZeneca. Cette infirmière est décédée à cause d'une mauvaise coagulation sanguine. D'autres pays, dont l'Italie, avaient ensuite dans un premier temps suspendu des lots isolés. Plusieurs pays scandinaves - Danemark, Norvège, Islande - sont allés plus loin en interrompant l'usage de tous les vaccins AstraZeneca, suivis dimanche par les Pays-Bas et lundi par la France, l'Allemagne et l’Espagne.

"Aucune preuve" selon le CSS

Ce lundi, le Conseil supérieur de la santé (CSS) a maintenu sa décision de poursuivre la vaccination contre le Covid-19 avec le vaccin AstraZeneca en Belgique. Le CSS reste ainsi aligné sur la position de l'Agence européenne des médicaments (EMA).

Le CSS s'était réuni en urgence en raison d'une demande du ministre Frank Vandenbroucke et du président de la taskforce vaccination, Dirk Ramaekers. Les experts consultés estiment "qu'il n'y a pas de preuve d'une incidence augmentée de phénomène thromboembolique lié à l'administration du vaccin d'AstraZeneca" et "que le bénéfice de son emploi dépasse les risques éventuels", écrit la RTBF.

Les experts du CSS s'alignent donc sur la position de l'EMA, en faveur de la poursuite de la campagne, tout en précisant qu'ils suivraient l'agence européenne si elle devait changer d'avis. Le CSS insiste également pour "mettre tout en œuvre pour éclaircir les doutes qui ont poussé certaines autorités à suspendre provisoirement l'administration de ce vaccin".

"Néfaste pour la volonté de se faire vacciner"

Selon le porte-parole de l’Agence flamande Soins et Santé, Joris Moonens, le fait que de nombreux pays européens aient suspendu les vaccins AstraZeneca est néfaste pour la volonté de se faire vacciner chez nous. Selon lui, il n’y a aucune raison aujourd’hui de ne pas se faire inoculer ce vaccin. D’après Joris Moonens, il n’y a eu jusqu’ici quasiment aucune annulation de rendez-vous suite à l’incertitude qui règne.

De son côté, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) a déclaré que les pays devraient continuer à vacciner avec le sérum anti-Covid-19 d'AstraZeneca. "Nous ne voulons pas que les gens paniquent et, pour le moment, nous recommandons que les pays continuent de vacciner avec AstraZeneca", a déclaré la cheffe scientifique de l’OMS, Soumya Swaminathan, lors d'une conférence de presse à Genève.

Conclusions de l’EMA ce jeudi

L'Agence européenne des médicaments (EMA) a pour sa part réitéré lundi son avis que les bénéfices du vaccin AstraZeneca contre le coronavirus continuent de peser plus lourd dans la balance que les risques d'effets secondaires. "Des milliers de personnes développent chaque année dans l'UE des caillots sanguins, pour diverses raisons", rappelle-t-elle.

L'Agence continue d'examiner les cas connus d'"incidents thromboemboliques" parmi les personnes vaccinées avec ce produit, indique-t-elle. Son comité d'évaluation du risque poursuivra mardi ce travail et conclura lors d'une réunion extraordinaire convoquée jeudi, annonce l'EMA. 

Mourad ALLILI

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