Nicolas Maeterlinck

Une centaine de jeunes devant le Cabinet du Premier ministre pour le climat

Entre 100 et 120 jeunes, d’après l'estimation de la police de Bruxelles-Ixelles, se sont rassemblés derrière le mouvement Youth for Climate, ce vendredi à 13h, à la Rue de la Loi à Bruxelles devant le Cabinet du Premier ministre Alexander De Croo. Avec une longue bannière arborant le message "Another world is possible" (photo), ils voulaient attirer l'attention du gouvernement fédéral sur l'urgence climatique. Cette action s'inscrivait dans le cadre de l'appel à une grève mondiale pour le climat lancé par le mouvement Fridays for future. Des jeunes y participaient dans plus de 50 pays ce vendredi.

Des actions similaires étaient donc organisées dans quelque 700 autres villes de 53 pays sous le hashtag #NoMoreEmptyPromises (‘Plus de promesses vides’ en français) visant à demander aux gouvernements de prendre leurs responsabilités pour préserver l'environnement. Une grande banderole portant le message "Another world is possible" a été déroulée sur le sol devant le cabinet du Premier ministre De Croo. Les jeunes y ont inscrit de multiples messages à la peinture.

Ils avaient aussi apporté des pancartes avec des slogans comme "Climate Justice Now" et "La bière c'est comme le climat, plus c'est chaud moins c'est bon". Des messages faisaient aussi référence à la protection de la forêt amazonienne et appelaient à s'opposer au traité de libre échange entre l'Union européenne et le Mercosur, le marché commun en Amérique latine. Des discours ont été prononcés.

"Aujourd'hui, les politiciens ont une réunion d'urgence pour la crise du coronavirus, pourquoi pas à propos de la crise climatique ?", interpelait Lucie Morauw, membre de Youth for Climate et ambassadrice du Slow Fashion Challenge en Belgique.

"On a passé un message positif rempli d'espoir pour le monde de demain alors qu'on est au milieu d'une pandémie", remarquait Adelaïde Charlier, coordinatrice francophone du mouvement Youth for Climate. "On met en avant l'urgence climatique, qui est une problématique lourde de sens et difficile à appréhender, mais on veut rester positifs et se dire qu'un autre monde est vraiment possible. J'ai envie de retenir aujourd'hui tout l'enthousiasme que la jeunesse montre encore face aux énormes défis actuels. On veut dire au Premier ministre, qui nous a rencontré il y a deux semaines, qu'on va relever le challenge qu'il nous a donné, à savoir lui montrer que les citoyens sont prêts pour se lancer dans une transition vers une société neutre en carbone."

"Plus grand que le corona"

Les jeunes de Youth for Climate ont reçu ce vendredi le soutien, notamment, des Grands-parents pour le Climat, de Rise for Climate, Extinction Rebellion et Amnesty International. L’Anversoise Anuna De Wever (photo, à g.), figure de proue du mouvement Youth for Climate, a salué le fait d’avoir pu tenir une action en groupe restreint dans la rue, pour la première fois depuis des mois en raison de la crise sanitaire.

"Nous devons comprendre qu’il existe une crise bien plus grande encore après le coronavirus, que nous ne pouvons résoudre qu’en unissant tous nos forces. Une crise qui nécessite un changement de système et de la solidarité, mais aussi des actions encore jamais vues de la part de nos responsables politiques".

"Tous les jours nous perdons du temps quand ces politiques ne prennent pas la crise du climat au sérieux. La politique actuelle écoute encore trop peu la science, nos objectifs sont erronés, il n’y a pas de loi pour le climat et nous n’avons pas encore de comité indépendant pour le climat", résumait l’étudiante Anuna De Wever.

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