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La Pologne offre des vaccins AstraZeneca pour le personnel de l'Otan

En juin prochain, ou plus tard dans l’année, un sommet est prévu au siège de l’Otan à Bruxelles (photo), auquel pourrait prendre part le président américain Joe Biden. Pour que ce sommet puisse se dérouler en toute sécurité sanitaire, la Belgique a été sollicitée pour vacciner tout le personnel de l’Otan à Haren, soit quelque 3.500 personnes. Mais notre pays a refusé, craignant de mettre en péril sa propre stratégie de vaccination, qui veut donner priorité aux personnes les plus vulnérables. La Pologne a alors offert des milliers de doses de vaccins du groupe pharmaceutique AstraZeneca, pour vacciner le personnel de l’Otan. Une vingtaine de médecins polonais viendront à Bruxelles en fin de semaine pour administrer les vaccins.

Le Premier ministre polonais Mateusz Morawiecki a affirmé dimanche sur Twitter que son pays avait reçu "une invitation officielle" pour procéder à la vaccination du personnel du siège bruxellois de l'Alliance atlantique. Selon la presse polonaise, plus de vingt médecins polonais se rendront jeudi à Bruxelles pour vacciner 3.500 personnes actives au sein du siège de l'Otan à l'aide du nouveau vaccin AstraZeneca, qui nécessite deux injections.

Cette vaccination devrait prendre trois jours, a précisé le ministre polonais responsable de la campagne de vaccination, Micha Dworczyk. Le Secrétaire général de l'Otan, Jens Stoltenberg (photo), a confirmé lundi que la Pologne fournirait les doses de vaccins AstraZeneca à l'organisation. Cette offre faite par Varsovie à l'Otan - mais non aux institutions européennes également basées à Bruxelles - permettra d'assurer la continuité du fonctionnement de son siège, tout en soulageant le système de santé belge.

(c) dpa-pool

"C'est une bonne nouvelle pour tout le monde", a affirmé lundi une source diplomatique en soulignant que ce geste permettait aux Polonais - déjà considérés comme des "bons alliés" - de "rehausser leur image". Cette offre a permis à Varsovie de "gagner beaucoup de crédit", a confirmé une autre source à l'agence Belga. Elle a regretté que la Belgique, pays-hôte de l'Otan et donc soumis à certaines obligations à ce titre, n'ait pas réussi à trouver en temps utile les vaccins nécessaires, en raison des retards de livraison, principalement imputables au groupe anglo-suédois AstraZeneca.

Certaines délégations nationales auprès de l'Otan, notamment celles d'Italie et des Etats-Unis, ont toutefois pris les devants et déjà vacciné leur personnel. Dans les couloirs du siège, on raconte aussi l'histoire d'un ambassadeur qui a effectué durant un week-end un aller-retour en voiture vers sa capitale pour se faire vacciner.

Le refus de la Belgique de livrer les vaccins en priorité au personnel du siège de l’Otan risque-t-il de nuire à l’image de notre pays ? "Eventuellement", estime le journaliste Jan Balliauw (VRT). "Certains pays vont peut-être reprocher à la Belgique de vouloir les avantages de l’Otan - parce que le siège administratif de l’Alliance est installé à Bruxelles -, mais de rejeter les obligations. D’autre part, il y a encore d’autres institutions internationales - européennes notamment - installées en Belgique, et elles ne bénéficient pas d’une vaccination prioritaire".

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