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Quatre mineurs arrêtés pour des projets concrets d'attaques terroristes dans notre pays

En janvier et février, la police a arrêté 4 jeunes âgés de 16 et 17 ans, qui avaient chacun un projet distinct d'attaque terroriste dans notre pays. L’information a été rapportée par la chaîne privée VTM et confirmée à la VRT par le ministre de la Justice Vincent Van Quickenborne (Open VLD). "Pour la première fois en trois ans, des mineurs figurent sur notre liste de terroristes. C'est alarmant", a déclaré le ministre.

Jusqu’il y a quelques mois, il n'y avait pas un seul mineur sur la liste de l’OCAM, (l'Organe de coordination pour l'analyse de la menace). Cela a changé au début du mois de novembre 2020, lorsque deux mineurs ont été arrêtés à Eupen parce qu'ils planifiaient une action terroriste contre des policiers. Au début de cette année, 4 autres mineurs ont été arrêtés. Ils prévoyaient d'agir de manière isolée.

L'un des jeunes avait acheté une machette, un autre avait l'intention d'acheter des couteaux.

"L'un des jeunes avait acheté une machette", a déclaré le ministre de la Justice Vincent Van Quickenborne (Open VLD). "Un autre avait l'intention d'acheter des couteaux. Ce sont des acteurs isolés. Il s'agit de personnes instables qui sont en contact avec des semeurs de haine via internet et qui ont été influencées par des idéologies extrémistes. Ils ne faisaient pas partie d'une seule et même organisation. Bien que certains aient eu des contacts entre eux via les réseaux sociaux dans des canaux privés." 

Les services de sécurité ont rapidement donné l'alerte. Les quatre jeunes ont maintenant été placés dans une institution pour jeunes. Ils continueront à être surveillés par les services de sécurité et seront également contactés par des organismes de déradicalisation. Ces organisations tentent notamment de leur enseigner une interprétation correcte de l'islam.

"Il s'agit de jeunes belges d'origines diverses", déclare enciore le ministre Van Quickenborne. "Il y a des convertis parmi eux, et ils sont flamands et wallons. Mais ce que nous constatons surtout, c'est qu'il s'agit de jeunes et de familles qui n'étaient pas connues des services de sécurité auparavant. Cela rend notre travail plus difficile. Ce sont des personnes qui se radicalisent rapidement via internet. Il est donc important de les atteindre rapidement."

Bien sûr, il est encore trop tôt pour savoir exactement pourquoi ces jeunes se sont radicalisés. Mais il est clair que cela s'est produit très rapidement, et au cours de ces derniers mois.

L’assassinat de Samuel Paty

"Ce qui est frappant, c'est que l’assassinat,en France, de Samuel Paty a également été un événement déclencheur important dans notre pays pour la radicalisation des mineurs", déclare le ministre Van Quickenborne. 

Samuel Paty était un professeur d'histoire-géographie qui a été assassiné par un jeune russe d'origine tchétchène après avoir montré deux caricatures de Mahomet issues de Charlie Hebdo lors d'un cours d'enseignement moral et civique sur la liberté d'expression. 

"Nous voyons maintenant plusieurs mineurs apparaître sur notre liste de terroristes pour la première fois en trois ans", a poursuivi le ministre. "D'abord les deux mineurs à Eupen. Et maintenant les quatre autres mineurs. C'est donc une tendance qui s'accentue. Et c'est inquiétant. Nous devons absolument garder un œil sur ces jeunes." 

En outre, la crise sanitaire est parfois mentionnée comme un élément déclencheur. La crise fait que les jeunes passent plus de temps derrière l'ordinateur et ont moins d'activités extrascolaires.

Le ministre Vincent Van Quickenborne a déjà débloqué des fonds supplémentaires pour les services de sécurité, afin de leur donner plus de poids dans la lutte contre la radicalisation et le terrorisme. 

"Nous devons nous assurer que nous ne nous contentons pas de patrouiller dans les rues, mais que nous pouvons aussi surfer sur Internet, sur ces réseaux privés. C'est pourquoi nous voulons donner à la sécurité de l'État plus de ressources et de capacités." Par exemple, une modification de la loi est également en cours afin que les services de sécurité puissent plus facilement surfer sur Internet sous une fausse identité.

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