L'impact de la grève surtout ressenti dans les transports en commun et dans les grandes entreprises

Les syndicats chrétien et socialiste mènent des actions ce lundi pour réclamer des salaires plus décents pour les travailleurs et contestent la marge salariale plafonnée à 0,4% pour les deux prochaines années. Les premières actions ont débuté dimanche soir à 22h notamment dans les chemins de fer. Les syndicats appellent les grévistes à rester chez eux autant que possible.

Forte perturbation dans les transports en commun en Flandre

Ce lundi après-midi, la grève nationale des syndicats chrétien et socialiste a toujours un impact important sur le trafic de De Lijn. Selon l'entreprise flamande de transport public, en moyenne seuls 25% des bus et des trams sont en service, en Flandre.

De Lijn note toutefois qu'il existe d'importantes différences entre les provinces. En Flandre orientale, par exemple, plus de la moitié des véhicules circulent, tandis que dans le Limbourg, ce chiffre est de trois sur dix.

Dans la zone urbaine de Flandre occidentale, environ un tiers des véhicules sont en service. Dans les transports régionaux, six bus sur dix sont en circulation. Sur la côte, environ la moitié des tramways côtiers sont en service. Dans le Brabant flamand, près de quatre véhicules sur dix sont en circulation. Enfin, un quart de tous les bus et trams circulent dans la ville d'Anvers. C'est le cas de la moitié des transports régionaux à Anvers.

Cette situation devrait se poursuivre tout au long de l'heure de pointe du soir, précise-t-on. Lundi matin, à peine plus de deux véhicules sur dix ont quitté la station.

Forte perturbation également à la Stib

L'appel à la grève nationale lancé par les syndicats CSC et FGTB entraîne de fortes perturbations sur le fonctionnement des transports publics en Région bruxelloise. Pour les métros, seule la ligne 1 roule sur le tronçon entre les stations Gare de l'Ouest et Montgomery. Les autres lignes de métro ne circuleront pas ce lundi, indique la Stib.
Sept grandes lignes de tram sur 17 sont également en service (lignes 3, 4, 7, 8, 9, 82 et 92) ce lundi matin, tandis qu'un bus sur cinq circule (lignes 36, 46, 53, 58, 59, 65, 71, 87, 89, 95).
 

Plus d'un train sur deux circule malgré la grève

Le service de trains alternatif élaboré dans le cadre de la grève nationale fonctionne comme prévu, indique la SNCB lundi matin. Plus de la moitié des trains circulent sur le réseau ferroviaire.
La grève de 24 heures sur le rail, dans le cadre de l'action nationale menée par les syndicats CSC et FGTB, a débuté dimanche soir à 22h00. La SNCB a élaboré un service de trains alternatif basé sur le nombre de travailleurs qui ne participent pas à l'action afin de limiter l'impact sur les voyageurs.
Deux trains IC sur trois roulent comme prévu dans ce service garanti (trains circulant entre les grandes villes), de même que deux trains S (offre suburbaine) sur trois et deux trains L sur trois.
Par contre, la plupart des trains P (qui roulent exclusivement pendant les heures de pointe du matin et du soir) ne circuleront pas et quelques plus petites gares seront peu voire pas desservies. L'offre vers la Côte est elle aussi réduite.
La SNCB recommande aux voyageurs de vérifier les horaires de leur train via le planificateur de voyage sur l'application ou sur le site internet de la compagnie ferroviaire, qui tient compte des perturbations. La grève doit se terminer ce lundi à 22h00.
 

© Gregory Van Gansen / Photonews

Une grève national pour exiger une plus grande marge salariale

Les syndicats chrétien et socialiste appellent à la grève nationale, voire à la "télégrève" ce lundi. Les deux syndicats réclament des salaires plus décents pour les travailleurs. Les syndicats ne veulent pas entendre parler d'une norme salariale plafonnée à 0,4% (en plus de l'indexation automatique des salaires) pour les deux prochaines années, une recommandation du Conseil central de l'Economie considérée comme une "aumône" par les organisations de travailleurs.


Celles-ci attendent des efforts de la part des secteurs qui ont pu sortir gagnants de la crise du coronavirus. Les syndicats constatent que les dividendes filent vers les actionnaires mais que rien n'est prévu pour les employés. Ils demandent aussi de revoir à la hausse le salaire minimum et des accords sur les fins de carrière.

La CGSLB (syndicat libéral) n'a pas appelé à participer à la grève générale, jugeant un tel mouvement prématuré "surtout dans l'état actuel de la crise sanitaire". Elle aussi estime insuffisante la marge salariale de 0,4%, mais privilégie "des actions alternatives de sensibilisation de la population pour convaincre les employeurs et le gouvernement".

Ce sont avant tout les transports publics qui sont perturbés par les actions syndicales lundi. Des actions sont également programmées en entreprises, tous secteurs confondus. Les représentants syndicaux pensent que la mobilisation sera grande. "Surtout dans des entreprises où l'on a continué à travailler pendant la crise. Parfois dans des circonstances difficiles. Les gens veulent voir cette flexibilité récompensée", commente William Van Erdeghem, de l'ACV/CSC Metea. Dans les secteurs du textile et du métal, quelque 400 sociétés seront touchées par des grèves.

La production devrait être complètement à l'arrêt dans certaines grosses entreprises comme Audi à Forest et Van Hool à Lierre. 

Chez Volvo Car à Gand, la production est totalement à l'arrêt. Elle reprendra mardi. La pénurie mondiale de semi-conducteurs et la grève ont poussé l'usine à supprimer six shifts ce lundi.

A Brucargo à Zaventem, où se concentrent de nombreuses entreprises de logistique ayant connu une belle croissance lors de la crise, les syndicats ont l'intention d'installer un barrage filtrant au rond-point proche de l'aéroport. Le porte-parole du PTB, Raoul Hedebouw, a notamment annoncé sa présence en matinée.

Les supermarchés devraient aussi être touchés. "La détermination est grande. Nous nous attendons à un faible taux d'occupation dans les grandes surfaces", explique Kristel Van Damme de l'ACV Puls (CNE).

"Avec la volonté de respecter strictement les mesures sanitaires, les travailleurs répondront à leur manière à l'appel à la mobilisation: devant leur entreprise, en grève à la maison ou par des actions symboliques. Tous les secteurs privés sont concernés: les titres-services, le commerce, l'industrie, le transport et la logistique, le non-marchand, les soins de santé, les entreprises de travail adapté", explique la CSC dans un communiqué.

Faire grève aujourd'hui, un dommage économique tout à fait évitable, c'est un coup de poignard dans le dos.

Le patronat n'est évidemment pas ravi d'une telle mobilisation en pleine pandémie. "Faire grève aujourd'hui, un dommage économique tout à fait évitable, c'est un coup de poignard dans le dos", commente l'organisation patronale flamande Voka. Celle-ci souligne qu'une telle journée peut ruiner la réputation de notre pays sur la scène internationale. "Il ne faut pas sous-estimer le regard que vont porter les grandes entreprises internationales vers leurs sièges situés chez nous. 

Aucun pays en Europe ne se risque à une grève nationale en pleine crise du coronavirus "Mais la Belgique bien. Et cela nuit à l'image du pays plus que nous ne l'imaginons."

Dans le Limbourg ce sont surtout les grandes entreprises qui sont touchées

Dans le Limbourg, la journée de grève nationale aura surtout été ressentie dans quelques grandes entreprises, mais les perturbations dans la province restent largement limitées. Ce jour de grève a également un impact sur la collecte des déchets dans certaines communes du Limbourg.

Dans un certain nombre de grandes entreprises du Limbourg, les lignes de production ont été partiellement ou totalement arrêtées. L'entreprise sidérurgique Aperam à Genk a été complètement a l'arrêt lundi, et des piquets de grève ont également été mis en place. Voka-Kvk Limburg regrette que les fournisseurs externes de certaines entreprises aient été renvoyés par les grévistes et n'aient pas été autorisés à accéder à l'entreprise.

D'autres entreprises ont conclu des accords préalables avec leur personnel, comme l'entreprise de logistique H.Essers à Genk. Là, ils ont anticipé la grève en déplaçant les commandes, ce qui fait que les désagréments sont restés assez limités. Selon VKW Limburg, dans la grande majorité des entreprises et des PME, l'impact aura été faible ou nul. Le Voka note également que les entreprises du secteur des services ne rencontrent pratiquement aucune perturbation.

Dans certaines communes, les camions de collecte des déchets de Limburg.net ont pu faire leur tournée ce  lundi matin, mais toutes les tournées n'ont pas pu être effectuées. C'est le cas à Genk, Hamont-Achel, Hechtel-Eksel et Oudsbergen. Les tours de collecte seront réalisées ultérieurement.

Les plus consultés