"Les écoles ne sont pas le moteur de propagation du coronavirus"

Les écoles ne sont pas des endroits où le virus circule davantage ou a plus de chances de se propager qu'ailleurs dans la communauté, indique ce mardi une étude menée par l'Institut scientifique de santé publique Sciensano. Le pourcentage d'élèves et de membres du personnel des écoles ayant développé des anticorps contre le SARS-Cov-2 est en effet similaire au pourcentage d'anticorps trouvés dans la population générale belge, ainsi que chez les soignants de première ligne.

L'étude menée en collaboration avec la KU Leuven suit l'évolution du nombre d'anticorps contre le SARS-Cov-2 chez les élèves et le personnel scolaire. Elle comprend trois phases de prélèvement: la première s'est étalée de décembre 2020 à janvier 2021, la seconde a eu lieu en mars 2021 et une troisième période de prélèvement est prévue de la mi-mai à la mi-juin 2021.

Pour chacune des phases, les mêmes 1.285 élèves et 818 employés scolaires sont testés dans 44 écoles primaires et 40 écoles secondaires. Cet échantillon est représentatif pour tous les élèves et employés scolaires en Belgique. Les résultats des premiers tests montrent qu'un peu moins d'élèves que d'employés scolaires de l'enseignement primaire et du premier degré de l'enseignement secondaire en Belgique ont développé des anticorps contre le coronavirus (12,4% des élèves et 14,8% du personnel scolaire).

"Ces résultats sont comparables à ceux de la population générale", affirme Sciensano, qui souligne que les différences entre les élèves du primaire et du secondaire et le personnel scolaire sont faibles et non pertinentes d'un point de vue statistique. Des différences régionales ont été observées dans la présence d'anticorps chez les élèves et le personnel, mais celles-ci devront être consolidées lors de la troisième salve de prélèvements.

Ainsi, à Bruxelles, 24% des élèves et 10,5% du personnel ont développé des anticorps, en Wallonie, 15,4% des élèves et 17,7 % du personnel, tandis qu'en Flandre, des anticorps ont été décelés chez 8,7% des élèves et 13,2% du personnel. "Ces différences reflètent la situation épidémiologique régionale lors de la deuxième vague, qui a touché principalement la région de Bruxelles et la Wallonie", analyse Sciensano.

"Les écoles sont plutôt le miroir de la société"

"D'après les résultats d'une enquête faisant partie de l'étude, seulement 2% des élèves et 10% des membres du personnel ont eu un test Covid-19 positif avant l'étude. Aucune personne faisant partie de l'échantillon n'a été hospitalisée en raison du Covid-19", souligne encore l'Institut de santé publique. "Les écoles ne semblent donc pas être un lieu où le virus se propage plus. Mais l'étude semble confirmer qu'elles sont plutôt le miroir de ce qui se passe dans la société en général", a commenté le porte-parole interfédéral Yves Van Laethem (photo), lors de la conférence de presse bihebdomadaire de l'Institut de santé publique Sciensano et du centre de crise.

"Ce qui n'empêche pas, bien sûr, que par le volume de personnes présentes (enfants et enseignants), elles puissent être le point de départ d'un certain nombre de transmissions", a conclu Van Laethem.

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