La SNCB menace de suspendre les trains vers la Côte à cause de la "règle de la fenêtre"

Dans une lettre adressée au gouvernement De Croo, la CEO des chemins de fer belges Sophie Dutordoir réclame une solution pour une mesure qu’elle qualifie d’ingérable, à savoir obliger aux passagers prenant le train vers le littoral de s’asseoir uniquement à une fenêtre. Cette mesure a été décrétée la semaine dernière par le Comité de concertation, à la veille de la suspension des cours dans les écoles une semaine plus tôt que le congé officiel - ce qui a créé ces derniers jours une affluence accrue dans les trains vers le littoral et de longues files d’attente dans les gares. Sans intervention du gouvernement pour modifier la mesure qui doit entrer en vigueur ce week-end, Dutordoir estime qu’elle devra suspendre le trafic ferroviaire vers les stations balnéaires. Le contenu de la lettre - destinée avant tout au Premier ministre De Croo, à la ministre de l’Intérieur Verlinden et au ministre de la Mobilité Gilkinet - a fuité dans la presse francophone.

Le ministre fédéral de la Mobilité Georges Gilkinet a assuré ce jeudi que des agents supplémentaires seraient requis pour assurer le trafic contingenté par la règle de la fenêtre. Il a dans le même temps appelé les touristes d'un jour à envisager d'autres destinations, vu le risque de ne pas trouver une place dans les trains. Le vice-Premier ministre Ecolo était interrogé par Bel-RTL sur la décision du dernier Comité de concertation (Codeco) selon laquelle, du samedi 3 au dimanche 18 avril, ainsi que le week-end des 24 et 25 avril, les candidats au voyage en train vers la Côte ne pourront s'asseoir que sur les sièges jouxtant une fenêtre (les moins de 12 ans pourront prendre place à côté de l'adulte qui les accompagne). Cela revient à réduire de 50% la capacité des trains à destination de la Côte.

"La mesure est très difficile à mettre en œuvre pour les accompagnateurs de la SNCB", a concédé Georges Gilkinet, disant ainsi rejoindre la CEO de l'entreprise ferroviaire, avec qui il assure "parler au quotidien". "C'est pourtant nécessaire, c'est la décision qui a été prise par le Codeco, on va l'appliquer avec des renforts, notamment d'agents Securail. Il y aura donc du personnel en plus", a-t-il assuré.

La SNCB a déjà annoncé le déploiement pendant les vacances de Pâques de plus de 300 agents Securail (le service de sécurité des chemins de fer belges) et de stewards dans les grandes gares. Aux heures les plus fréquentées, s'il n'y a pas assez de place dans un train à l'arrivée, l'accès aux quais pourra être interdit et les voyageurs redirigés vers un autre train. La police locale et fédérale sera aussi présente dans une dizaine de grandes gares et à proximité, afin de soutenir les équipes de sécurité de la SNCB.

"Il y a d’autres destinations que la Côte"

À l'adresse de la population, le ministre Gilkinet a donc confirmé la possibilité de se rendre à la mer en train, "mais sachez que les capacités sont limitées et qu'il y a plein d'autres destinations", a-t-il dit, relayant ainsi des appels déjà lancés ces derniers jours par la SNCB et gouverneur de Flandre occidentale à ne pas choisir le littoral.

Dans sa lettre au gouvernement, Sophie Dutordoir met en garde contre une situation qui risque de devenir "ingérable" si des mesures "urgentes et contraignantes" ne sont pas prises par les autorités publiques pour endiguer l'afflux de voyageurs. Elle demande au gouvernement soit d'autoriser la SNCB à mobiliser la totalité de sa capacité nominale de transport, par la levée du contingentement pour les destinations touristiques, soit de limiter strictement les déplacements en train vers la Côte.

Au sein du gouvernement, le ministre Vincent Van Quickenborne a apporté son soutien aux mesures décidées. Interrogé sur les ondes de la VRT, il a relevé que la SNCB n'était pas la seule à connaître des difficultés d'organisation. Il n’est par exemple pas simple non plus pour les magasins d'organiser leurs ventes sur rendez-vous comme cela a été décidé lors du même Comité de concertation, a fait observer Van Quickenborne.

Sophie Dutordoir et Georges Gilkinet

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