flip franssen

Limiter les surfaces imperméables devant les maisons pour lutter contre la pénurie d’eau

"Chaque mètre carré d’entrée de maison "débétonisé" peut contribuer à reconstituer les réserves d'eau souterraine et nous armer contre les longues périodes de sécheresse". C'est ce qu'a affirmé la bio-ingénieure Marjolein Vanoppen (UGent) dans l’émission "De wereld vandaag" (VRT) suite à la décision de la ville de Lierre (Anvers) d'exiger d'une trentaine d'habitants qu'ils suppriment les aménagements imperméables devant leur maison. "Il ne s'agit que de petites parcelles de terrain, mais plusieurs mises ensemble en font une grande", ajoute Marjolein Vanoppen.

A Lierre (Lier en néerlandais), comme dans d’autres villes flamandes, les jardinets de façade ont été pavés ou asphaltés et transformés en places de parking. Mais la ville a décidé de réagir et a exigé des propriétaires de maison unifamiliale de supprimer cette artificialisation du sol. Dans le journal télévisé de la VRT, ce lundi, certains habitants ont réagi avec consternation "Pourquoi détruire mon emplacement de parking en dur ? A quoi cela va-t-il servir ?"

Mais pour Marjolein Vanoppen, "le bourgmestre de Lierre (Lier en néerlandais) a raison. Les surfaces imperméables empêchent l'eau de pluie de pénétrer dans le sol et de reconstituer nos réserves souterraines. L'eau s'écoule directement dans les égouts et cette eau finit dans la mer", explique la bio-ingénieure.

16% de la Flandre recouverte de surfaces imperméables

"L’artificialisation des sols et de l'imperméabilisation qui en résulte sont multiples, il est important que nous travaillions dans tous les domaines. 16 % de la Flandre est recouverte d’un revêtement dur. Dès lors, chaque "débétonisation" contribue à éviter que nos réserves d'eau souterraine ne s’épuisent."

Le nombre de revêtements de sol imperméables est beaucoup plus élevé en Flandre que dans le reste de l’Europe. "En Flandre, la "bétonisation" s'accroît de deux terrains de football ou plus chaque jour. C'est gigantesque. Si l'on regarde la moyenne européenne, c'est presque deux fois plus. Les Flamands sont les champions du pavage de leur jardinet de façade et de leurs terrasses."

Selon le professeur Patrick Willems (KU Leuven), la bétonisation en Flandre a triplé au cours des quarante dernières années. "Dans les années 1970, seuls 5 % de la Flandre étaient asphaltés. En quarante ans, on a ajouté trois fois plus de béton, d'asphalte, de pavés et de clinkers. Cela a augmenté le risque d'inondation, nous ne pouvons pas reconstituer nos réserves d'eau souterraine et il y a beaucoup plus de canicule les jours de grande chaleur dans les centres des villes et des villages".
 

Le "bleue deal" flamand ou quand le vert s’allie au bleu

Pour l'instant, il n'y a pas de règles claires en Flandre concernant le pavage des jardinets de façade. "L'actuel gouvernement flamand veut s'attaquer à ce problème avec le "blue deal". Ils veulent des règles plus claires en matière de bétonisation et ils veulent empêcher l’artificialisation des sols", explique Marjolein Vanoppen.

"Il est grand temps que le bleue deal soit mis en place. Des mesures doivent être prises et nous devons investir contre la diminution des eaux souterraines. Nous luttons contre la sécheresse depuis des années. 2017 et 2018 ont été les premières années et les choses ne se sont pas améliorées depuis. Nous avons besoin de mesures structurelles pour nous assurer que nous pouvons survivre à de longues périodes de sécheresse. Nous devons disposer de suffisamment de ressources en eau pour ne pas avoir de problèmes en cas de longue sécheresse."
Le réchauffement climatique est imparable et nous continuerons à avoir des étés très secs. 

"La verdurisation des espaces en façade ont donc beaucoup d'importance. Ce n'est plus qu’un problème individuel. Nous allons devoir prendre de nombreuses petites mesures, ainsi que les grandes initiatives, pour améliorer l’infiltration d’eau", conclut Marjolein Vanoppen.
 

Les plus consultés