Carl Decaluwé rappelle les bourgmestres à l’ordre : les terrasses ne peuvent pas rouvrir avant le 8 mai

Plusieurs bourgmestres, comme celui de Middelkerke Jean-Marie Dedecker (LDD) ont annoncé vouloir rouvrir les terrasses des cafés et restaurants de leur commune dès le 1er mai. C'est une semaine plus tôt que le 8 mai, date fixée par le récent comité de concertation, mercredi "Mais la loi ne le permet tout simplement pas", déclare Carl Decaluwé, gouverneur de Flandre occidentale.

Le bourgmestre de Middelkerke Jean-Marie Dedecker (LDD) a annoncé immédiatement après le comité de concertation de ce mercredi qu'il autoriserait l’ouverture des terrasses dans sa commune le 1er mai. C'était la date précédemment fixée pour la réouverture du secteur horeca, mais depuis mercredi, il a été décidé qu'elle était reportée au 8 mai et uniquement pour les terasses. Jean-Marie Dedecker est convaincu que l'ouverture des terrasses offrira plus de sécurité et permettra de répartir les consommateurs. "J’en ai assez de marcher comme un âne suivant une carotte", a déclaré Jean-Marie Dedecker.

Sinon c'est le début de l'anarchie

Le gouverneur de Flandre occidentale, Carl Decaluwé, a délivré un message clair. "Ils n'ont aucune autorité pour décider cela, ils ne peuvent pas être au-dessus des lois. J'attends des bourgmestres qu'ils mettent en œuvre les mesures qui ont été décidées. Qu'ils soient d'accord ou non. Si vous ne le faites pas, alors c’est le début de l’anarchie. Ce n'est amusant pour personne, mais si tout le monde respecte les règles, nous sortirons de la crise beaucoup plus rapidement grâce aux vaccinations", affirme Carl Decaluwé.

Populisme

Le gouverneur comprend les bourgmestres. "Ils subissent la pression des patrons des cafés et des restaurants. Je comprends aussi leur situation, je compatis vraiment avec eux. Cela ne doit pas être facile de voir l'œuvre de votre vie être détruite. Nous vivons dans un pays où règne la liberté de parole, mais aussi dans un état de droit. Il nous faut respecter la loi. D'ailleurs, en tant que bourgmestre Dedecker a prêté serment de le faire. Apparemment, il veut à nouveau jouer le rôle du politicien populiste", ajoute Carl Decaluwé.

Si un bourgmestre met en œuvre une politique de tolérance dans sa commune et ne demande pas à sa police d'intervenir en cas de violation des règles, alors la police fédérale interviendra. "Les propriétaires seront les perdants, car ils devront payer de lourdes amendes. C'est ce qui s'est passé aux Pays-Bas", conclut Carl Decaluwé.
 

Et à Bruxelles et en Wallonie ?

A Bruxelles, tout comme en Wallonie, plusieurs exploitants de cafés ou restaurants ont clairement fait savoir qu'ils allaient ouvrir leurs portes dès le 1er mai. "Je ne peux pas leur dire d'ouvrir leurs portes, mais je peux comprendre qu'ils le fassent. Le secteur est dans le coma. Et la partie francophone du pays n'est pas soutenue", soutient Fabian Hermans, administrateur de la fédération Horeca Bruxelles. Ce dernier a rappelé que toute personne qui ouvrait son établissement malgré l'interdiction risquait de devoir rembourser les aides auxquelles il peut prétendre.

Par rapport à ces initiatives prises dans une "émotion justifiée", Horeca Wallonie appelle à ne pas se mettre hors la loi.

De son côté, le bourgmestre de Liège, Willy Demeyer, a précisé à la RTBF que la police n'avait pas les effectifs suffisants pour s'opposer au mouvement du collectif Wallonie Horeca qui encourage à rouvrir dès le 1er mai. "Je ne suis pas là pour approuver ou réprouver un tel mouvement. Je dois veiller à ce que la situation reste calme dans la ville", a-t-il ajouté.

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