Le secteur des soins de santé s’inquiète des mesures d’assouplissement

Margot Cloet de l'organisation faîtière Zorgnet-Icuro est très préoccupée par les assouplissements annoncés par le comité de concertation de ce mercredi. Elle estime que la situation dans les hôpitaux n'est pas suffisamment prise en compte. L'infectiologue Erika Vlieghe n'est pas non plus très confiante. Le ministre de la Santé Frank Vandenbroucke (Vooruit) tente de calmer le jeu et déclare que l'assouplissement ne sera mis en œuvre qu'en juin et uniquement s'il y a moins de 500 patients covid aux soins intensifs.

"Je suis très préoccupée par ce qui se passe et par ce qui va se passer", a réagi Margot Cloet dans "Het Journaal" (VRT) mercredi soir. "Quand je vois que le 26 avril, on va rouvrir trois portes - une bulle plus grande, l'ouverture des métiers de contact, la réouverture des commerces - et puis très vite après, le secteur horeca, cela m’inquiète."

Margot Cloet souligne que les hôpitaux sont toujours soumis à une forte pression. 96 % des lits de soins intensifs sont occupés, avec 950 patients covid et environ 1 000 autres. "Nous constatons qu'il y a encore 300 décès par semaine", dit-elle. "Cela fait plus de 1 000 par mois."

Margot Cloet aurait préféré que les assouplissements se fassent avec plus de prudence. "Je comprends très bien que l'on demande des perspectives, mais il vaudrait mieux le faire en tenant compte du nombre d'infections et d'hospitalisations", ajoute-t-elle.

"Nous regardons cela avec suspicion", ajoute Margot Cloet. Elle craint une nouvelle augmentation du nombre de patients atteints de covid, ce qui pourrait signifier que d'autres soins devront être réduits. Elle dit aussi qu'elle espère que le personnel hospitalier pourra y faire face."

De son côté Dirk Devroey, doyen de la faculté de médecine et de pharmacie de la VUB est plus critique encore. "Pourquoi ne fermez-vous pas Sciensano puisque les chiffres d'infection ne sont plus nécessaires !", tweete-t-il ironiquement.

L'infectiologue et présidente du groupe d'experts GEMS Erika Vlieghe (UZA) a partagé son inquiétude à la suite des mesures d''assouplissements annoncées mercredi par le comité de concertation. "Les hôpitaux sont remplis à ras bord, il n'y a pas de marge de manœuvre pour le moment", a-t-elle rappelé. Le virologue Marc Van Ranst évoque également "un jeu dangereux".

Erika Vlieghe dit comprendre les fortes demandes d'assouplissement mais souligne que les chiffres de l'infection et des hôpitaux ne sont pas rassurants. "Nous devons nous rendre compte que la situation reste très précaire", prévient-elle. L'infectiologue est toutefois satisfaite que les conditions de reprise de certaines activités soient liées à la vaccination et à l'occupation dans les services de soins intensifs.

Uniquement s'il y a moins de 500 patients covid aux soins intensifs

"Je comprends la préoccupation des hôpitaux", a répondu le ministre de la Santé Frank Vandenbroucke (Vooruit) dans "Terzake". "En tout cas, le comité concertation a pris un risque en prenant ces décisions, mais elles ne sont pas inconditionnelles." Pour le ministre, non seulement il faut que la campagne de vaccination continue à "battre son plein", mais la situation dans les hôpitaux doit également s'améliorer.

"Un assouplissement supplémentaire, en juin, ne sera possible que si nous avons moins de 500 patients atteints de COVID-19 aux soins intensifs dans les hôpitaux et si ce nombre diminue durablement", a déclaré Frank Vandenbroucke. "C'est ce qui a été convenu"
 

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