L’audit interne sur l’asbl d’El Kaouakibi pointe 350.000 euros de factures frauduleuses 

L'audit interne mené par la Ville d'Anvers a révélé de "possibles malversations" dans l'utilisation des subsides reçus par l'ASBL de la députée anversoise Sihame El Kaouakibi, "Let's Go Urban", ont indiqué vendredi les autorités communales. Cet audit est un coup dur pour la parlementaire flamande indépendante, qui pourrait avoir détourné jusqu'à 350 000 euros de subsides. Mais l'audit est également critique pour la ville elle-même dont le contrôle sur la destination des subsides aura été "plutôt superficiel". "Le regard critique faisait défaut." Toutefois il n’y aurait pas d’intention malveillante de la part de la ville, conclut l'audit. Les partis de l'opposition à Anvers émettent de vives critiques quant à la gestion de la ville dans ce dossier. 

Il s’était fait attendre, mais à présent il est là : l'audit de la ville d'Anvers sur les subsides, accordés en grande partie par la ville à l’asbl de Sihame El Kaouakibi. Et cet audit est sévère à l'égard de la parlementaire flamande, qui pourrait avoir détourné jusqu'à 350 000 euros de subsides. Mais l'audit est également critique pour la ville elle-même dont le contrôle sur la destination des subsides aura été "plutôt superficiel". "Le regard critique faisait défaut." Toutefois il n’y aurait pas d’intention malveillante de la part de la ville, conclut l'audit.

La parlementaire anversoise indépendante Sihame El Kaouakibi est au cœur de la tempête depuis des semaines suite à des révélations sur de possibles malversations dans le financement de son asbl Let's Go Urban.

Le rapport – dont la VRT a pu se procurer un résumé et qui n’est pas l'audit complet - analyse en profondeur la manière dont Sihame El Kaouakibi a géré sa propre asbl avec le soupçon que des subsides auraient été détournés vers les sociétés privées de la parlementaire.
 

De la négligence à la fraude

La comptabilité était "bâclée". Mais les conclusions vont beaucoup plus loin. Par exemple, selon les auteurs de l'audit, il n'est pas impossible que les subsides de fonctionnement de Let's Go Urban (LGU), le projet de danse pour les jeunes défavorisés, n'ait pas également été utilisés pour payer des employés de sociétés privées.

Le contrat de prêt ne serait pas non plus valable. Grâce à ce contrat, des biens tels que des meubles et des plantes ont été achetés avec l'argent des subsides par Let's Go Urban, mais stockés ailleurs. C'est ainsi que la désormais célèbre cuisine n'a pas atterri à Let’s Go Urban, mais à JJ House, l'une des sociétés privées de Sihame El Kaoukibi et de sa compagne Erika Nguyen. Mais la demande n'a pas été soumise au conseil d'administration ni à la ville d'Anvers. Et de toute façon c’était illégal.

Factures falsifiées

Et selon la ville, il semble également que des factures aient été falsifiées, six au total, d'une valeur d'environ 54 000 euros, dont l'intention aurait été de dissimuler le fait que l'argent des subsides allait à ses sociétés privées.
Selon l'audit, la ville aurait été facturée d’au moins 260 000 euros pour des services qui n'étaient pas destinés à l'Urban Center (le nouveau bâtiment de Let's Go Urban sur le Kiel) mais à l'une des sociétés privées. Ce montant pourrait même atteindre 350 000 euros si toutes les incertitudes sont levées. Une petite partie a déjà été remboursée. Dans son rapport, l'administrateur provisoire est allé plus loin en mentionnant 450 000 euros.
 

Et que dit l'audit sur le contrôle de la ville ?

Le rapport d'audit est aussi intéressant pour une autre raison. Les principales questions qui se posent sont les suivantes : l'octroi d'un tel montant d'argent public à l'ASBL Let's Go Urban était-il justifié, était-il proportionnel par rapport à d'autres organisations à sans but lucratif ? 

Et deuxièmement, y a-il eu un contrôle suffisant de la ville sur les dépenses ?

D’après l’audit il n’y aurait pas eu de complaisance de la part de la ville d’Anvers. Mais le contrôle était trop léger, trop superficiel, il n'y avait pas assez de regard critique, et pas assez de coordination entre les services de la ville.
 

Critiques des partis dans l'opposition à Anvers

Les partis d'opposition à Anvers sont très critiques vis-à-vis du conseil communal dans ce dossier. Ainsi, les conseillers communaux Nahima Lanjri (CD&V), Imade Annouri (Groen) et Sam Van Rooy (Vlaams Belang) demandent comment cela a pu se produire. L'audit montre en effet que sur les 3,5 millions d'euros que la ville a investis dans le centre urbain pour l'asbl de la parlementaire Sihame El Kaouakibi,  jusqu'à 350 000 euros ont été transférés via des factures injustifiées à des sociétés privées appartenant à la parlementaire anversoise.

La Ville d'Anvers confirme de "possibles malversations"

L'audit interne mené par la Ville d'Anvers a révélé de "possibles malversations" dans l'utilisation des subsides reçus par l'ASBL de la députée anversoise Sihame El Kaouakibi, "Let's Go Urban", ont indiqué vendredi les autorités communales. Elles ont transféré l'évaluation à la justice.

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