Accord interprofessionnel: les partenaires sociaux cèdent le dossier des salaires au gouvernement

Les partenaires sociaux ne sont pas parvenus à s’accorder sur la hausse des salaires pour les deux prochaines années. Ils ont envoyé une lettre au Premier ministre Alexander De Croo pour l'annoncer officiellement. Jeudi au terme d’une réunion avec le Premier ministre et le ministre de l’Emploi Pierre-Yves Dermagne, syndicats et employeurs avaient déjà décidé de reprendre le dialogue social, mais pas au sujet des salaires. Le fossé entre leurs visions apparait en effet trop profond.

La lettre officielle est donc une simple formalité car les syndicats et les organisations patronales avaient déjà constaté l'échec des négociations jeudi et en avaient averti le gouvernement. Les partenaires sociaux indiquent à Alexandre De Croo qu'ils continueront par contre à discuter d'autres dossiers, notamment de prépension ou d'emplois de fin de carrière.

Le fossé était trop important entre syndicats et employeurs concernant les salaires et des conditions de travail dans le secteur privé. Le front commun syndical estime la marge salariale maximale, hors index, de 0,4% insuffisante et considèrent que des hausses plus substantielles sont possibles dans certains secteurs, surtout ceux qui ont bien résisté à la crise du coronavirus.

Pour le patronat, la crise actuelle liée à la pandémie constitue la pire crise économique depuis la Seconde Guerre mondiale. Il estime donc qu'il faut être réaliste dans les augmentations salariales concédées. Le gouvernement fédéral devra désormais dégager un accord sur cette marge salariale.

Les partis socialistes au créneau

Mercredi, le président des socialistes flamands, Conner Rousseau, avait déjà déclaré qu’une marge plus conséquente de progression salariale devait être accordée avant tout aux travailleurs qui ont pu livrer un travail intense malgré l’épidémie de coronavirus. Sans quoi, il estime que les patrons n’ont pas droit non plus à une augmentation salariale conséquente et ne voit pas pourquoi des dividendes devraient être distribués.

A la veille de la Fête du travail, le président du PS Paul Magnette a réitéré ce vendredi la mise en garde des socialistes : sans négociation possible sur la limitation à 0,4% des salaires, il n'y aura pas de distribution de dividendes. "Si les patrons ne veulent pas négocier, on peut geler les salaires des patrons et les dividendes. Je ne peux pas dire aux salariés qui ont continué à travailler pendant la crise corona qu'il n'y a pas d'argent pour leur salaire, mais que le patron de Delhaize s'augmente de 30%", estimait Paul Magnette au micro de plusieurs médias, dont VRT NWS.

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