foto Peter Hilz (C)

Nouvelle opération de contrôle des poids lourds en province anversoise

Les polices locales et fédérale procéderont de nouveau à un contrôle provincial à grande échelle des poids lourds à Anvers, du lundi 3 au samedi 21 mai, précise un communiqué ce vendredi. La précédente action de contrôle date seulement de février, mais elle avait révélé tellement d'infractions que la police a jugé nécessaire d'en organiser une nouvelle assez rapidement. Le but étant avant tout d’accroitre la sécurité sur les routes et favoriser la concurrence loyale entre firmes de transport. D’autre part, les chiffres publiés ce vendredi par la police fédérale attestent d’une légère diminution du nombre d’infractions de la route.

En février, lors de 873 contrôles de poids lourds, pas moins de 716 infractions avaient été constatées. Jusqu'à 487 conducteurs ont reçu une amende. Les infractions allaient de l'excès de vitesse à l'absence de permis approprié, en passant par des violations du tachymètre.

La police rappelle que la sécurité routière est le principal objectif de ces actions de contrôle. "Le nombre d'accidents avec blessés par distance parcourue peut être sensiblement plus faible pour les camions qu'en général, mais les accidents de la route impliquant des véhicules lourds sont beaucoup plus sérieux que les autres accidents", précise le communiqué à propos de la nouvelle action.

"Les récents accidents mortels survenus lors des travaux routiers sur la E313 à Geel le prouvent malheureusement une fois de plus. En outre, ces contrôles ont également pour but de favoriser une concurrence loyale entre les chauffeurs, de lutter contre le travail illégal et la fraude sociale, de contrôler les conditions de travail des conducteurs et de veiller au respect des normes environnementales."

La police routière fédérale et presque toutes les zones de police locales participeront à l'action, ainsi que d'autres services de contrôle, comme le SPF Mobilité, le SPF Finances, le SPF Emploi et le service fiscal flamand Vlabel.

Les infractions routières en légère baisse en 2020

Le nombre d'infractions de la route constatées l’an dernier est en légère baisse par rapport aux chiffres de 2019, indique pour sa part ce vendredi la police fédérale dans un communiqué. Si les constats d'infractions ont diminué, cela peut être expliqué par une baisse du trafic routier et au fait que le contexte sanitaire a nécessité une adaptation de la manière de travailler, explique la police.

Une légère diminution de 3,32% de l'ensemble des constats d'infractions a été enregistrée en comparaison avec les données de 2019. Cela représente 183.414 constats de moins. Selon la police fédérale, c'est la première année depuis 2016 où moins d'infractions sont constatées. La catégorie "vitesse", qui représente environ 75% des constats, est restée assez stable (+0,42%, soit +16.804 constatations), ce qui influence fortement la tendance globale, souligne la police. Et d'ajouter que cela peut certainement être attribué au premier confinement, qui imposait des restrictions de circulation. La nette tendance à la hausse de ces dernières années est donc rompue.

Les constats d'infractions relatifs aux drogues est en revanche en hausse (+11,5%, soit +1.110 constats). D'après la police, cette augmentation peut être liée à la simplification du dépistage (analyse salivaire plutôt que prélèvement sanguin) et à l'imposition plus systématique par les parquets d'un test salivaire lors d'un accident. Les constats liés à l'alcool ont diminué de 41% (-21.090 constats), le nombre de contrôles ayant lui-même baissé en raison de la crise sanitaire. Le sampling a été déconseillé, les actions de contrôles ciblés ont été suspendues et le trafic routier a diminué, détaille le communiqué.

Le nombre d'infractions impliquant l'usage du téléphone au volant est quant à lui resté plutôt stable, avec une légère hausse de 2,3%, soit 2.461 constats de plus. Enfin, les constats relatifs aux ceintures et sièges auto pour les enfants ont diminué de 18% (-9.569 constats), confirmant une tendance à la baisse observée depuis quelques années.

foto: Politie Antwerpen

Inquiétude à propos des drogues au volant

L'Institut Vias pour la mobilité et la sécurité routière se réjouit du peu d'impact de la crise sanitaire sur les contrôles, "preuve que les services de police ont pu s'adapter pour continuer à améliorer la sécurité sur nos routes et à sauver ainsi des vies", réagit-il ce vendredi. Il se dit en revanche préoccupé par l'ampleur du phénomène des drogues au volant. Pour la dixième année consécutive, le nombre de conducteurs contrôlés sous l'emprise de stupéfiants est en augmentation, souligne Vias. Or, les drogues peuvent avoir des répercussions désastreuses sur le comportement au volant.

L'institut explique que la consommation chronique de cannabis, de plus en plus répandue, peut même avoir un impact permanent sur l'aptitude à la conduite. Des études épidémiologiques montrent que le risque d'être impliqué dans un accident grave ou mortel double après avoir consommé du cannabis par rapport aux automobilistes qui n'en ont pas consommé, ajoute encore Vias, qui plaide pour une combinaison de sensibilisation et de répression comme moyen de lutter contre ce phénomène. Il rappelle que les sanctions pour les conducteurs sous l'emprise de drogues sont particulièrement sévères: amende de 1.600 à 16.000 euros et retrait de permis de huit jours à deux ans, voire une peine d'emprisonnement d'un mois à trois ans en cas de récidive.

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