Les blagueurs de "La Boum" veulent dissiper toute confusion avec "La Boum 2"

Me Alexis Ewbank, l'avocat du groupe derrière le canular "La Boum" du 1er avril dernier, défendait vendredi en fin de journée, à la veille de l'événement "La Boum 2" organisé par un autre collectif, que ses clients n'ont à endosser aucune responsabilité au niveau juridique quant aux incidents qui ont réellement eu lieu le 1er avril, et encore moins pour ceux qui pourraient advenir ce samedi soir au Bos de la Cambre , à Bruxelles, où est annoncé l’événement "La Boum 2". Le collectif L'Abîme appelle à la fête, tout en condamnant toute forme de violence. L'événement interdit a donné lieu à un flashmob à la gare centrale de Bruxelles en matinée.

En réponse à une convocation de la police, trois des quatre membres du groupe derrière "La Boum" ont été auditionnés de manière individuelle vendredi passé dans le cadre d'une information du parquet, et le dernier en ce début de semaine. "C'était un poisson d'avril, qui relevait de la liberté d'expression surréaliste à la belge, de la communication artistique", défend Me Ewbank. "Il n'y a pas la moindre trace d'une organisation. (...) Quelques jours avant sa tenue, l'événement a même été postposé sur la page Facebook au 1er avril 2022. C'est tout dire !". Les personnes derrière "La Boum" veulent juguler toute confusion qui pourrait encore subsister entre leur canular du 1er avril et l'événement "La Boum 2" organisé ce samedi par le collectif L'Abîme.

"D'autres personnes qui sont différemment intentionnées se sont accaparées les éléments de communication, le concept, le logo et le nom pour s'en servir à des fins autres, notamment politiques", continue l'avocat. "Le fait de s'appeler "La Boum 2" entretient volontairement une confusion. Le message n'est plus dans le ton humoristique de mes clients. On passe du surréalisme au réalisme".

Le groupe de "La Boum" n'envisage pas pour le moment de poursuivre le collectif l'Abîme pour son appropriation indue du concept. Le 1er avril, la première "Boum", considérée alors comme un canular, avait toutefois rassemblé au Bois de la Cambre entre 1.500 et 2.000 personnes, selon l'estimation de la police, qui avait dû faire usage de la force pour disperser la foule.

Au total, 26 policiers, huit participants et sept chevaux avaient été blessés et plusieurs véhicules de police dégradés. Le collectif L'Abîme a organisé une seconde fête le 2 avril et a repris à son compte le nom "La Boum" pour sa nouvelle fête illégale prévue le 1er mai.

La 'Boum 2': "La fête, l’amour, pas la violence"

Dans un long message vidéo publié sur YouTube (ci-dessous), le collectif L’Abîme souligne cependant que son intention est de faire la fête au Bois de La Cambre, de répandre "la joie et l’amour". Les deux membres du collectif qui apparaissent sur la vidéo se distancient des actes de violence qui ont été perpétrés les 1er et 2 avril par des personnes présentes au Bois de La Cambre.

Le collectif appelle à participer sans aucune violence à son initiative, pour ne pas provoquer de réaction violente de la police. Pour rappel, l’événement a été interdit par les autorités bruxelloises, qui mettent en garde contre les amendes, voire peines d’emprisonnement, que le non-respect des mesures de sécurité sanitaire pourrait entrainer. Elles ont annoncé que la police sera présente sur le terrain et interviendra, si nécessaire.

Flashmob à la gare centrale de Bruxelles

Plus de cent personnes ont pris part à un flashmob organisé ce samedi matin dans la gare de Bruxelles-Central, dans le cadre de l'événement non autorisé La Boum 2. De la musique était jouée par un groupe dans la gare et les participants dansaient dans le hall principal et l'escalier (vidéo).

L'ambiance était bon enfant. Bon nombre de participants ne respectaient pas les mesures de distance nécessaires, ni l'obligation du port de masque. Des gens de tout âge étaient présents, notamment des familles avec de jeunes enfants. La foule a quitté la gare après un quart d'heure.

L'événement La Boum 2 doit se tenir à 16h dans le Bois de la Cambre, mais bon nombre de personnes étaient déjà présentes à Bruxelles pour prendre part des actions organisées dans le cadre de la Journée du Travail ou pour d'autres mouvements de protestations contre les mesures corona.

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