Début du procès de l’explosion au gaz au Paardenmarkt à Anvers

Le procès concernant l'explosion de gaz au Paardenmarkt à Anvers en 2018 a débuté ce mercredi matin à 9 heures. L'explosion d'un bâtiment avait causé d'énormes dégâts et fait deux morts et 27 blessés. Le locataire de l'immeuble où s'est produite l'explosion comparaît devant le tribunal. Mais quelle est la cause de l'explosion et que reproche-t-on exactement au locataire ?

Lundi 15 janvier 2018, vers 21h 30, une violente explosion provoque l’effondrement de trois immeubles à appartements et endommage quatre autres bâtiments au cœur du quartier étudiants au Paardenmarkt, dans le centre-ville d’Anvers. Les services d'urgence arrivent en nombre, mettent les habitants à l'abri et cherchent des victimes parmi les décombres toute la nuit. Vers 9 heures moins le quart le mardi matin, la police confirme que deux personnes ont été retrouvées mortes dans les décombres.

Une odeur de gaz

Les deux morts sont un Belge de 39 ans et un Afghan de 26 ans, un demandeur d'asile qui se trouvait légalement dans notre pays.

Le parquet d'Anvers ouvre une enquête sur l'origine de l’explosion et très vite il s’avère qu’elle est due au gaz. Selon un expert en incendie, un ancien compteur de gaz situé dans la cave avait été ouvert, ce qui a permis au gaz de circuler dans un ancien tuyau de gaz. Selon le parquet, l'explosion a probablement été provoquée par l'allumage d'une cigarette ou d'une bougie.
 

Un bâtiment en mauvais état

Un des blessés a confié à la VRT au lendemain de la catastrophe qu'il y avait déjà une odeur de gaz dans le bâtiment dès 8 heures du matin, ce jour-là. Une semaine après l'explosion, on a appris également que le CPAS avait déjà inspecté le bâtiment. Ce qui prouverait qu'il était en mauvais état, mais le bourgmestre d’Anvers Bart De Wever (N-VA) a nuancé ce point.

"Il se peut qu'un bâtiment soit rempli de moisissures. Ce n'est pas agréable, mais c'est autre chose s'il y a des problèmes de gaz ou d'électricité. Le rapport ne le mentionne pas et il n'est donc pas transmis en priorité à l’ "inspection des logements". Si cela avait été le cas, nous aurions été là-bas dès que possible. Mais si ce n'était pas une priorité, cela pouvait prendre plus de temps, des mois avant que quelqu'un ne vienne", notait alors Bart De Wever.
 

Etablir les responsabilités ?

Le parquet a finalement poursuivi en justice le locataire du 101, un quinquagénaire de Sint-Niklaas qui louait l'ensemble du bâtiment, mais sous-louait certains studios. 

Selon le parquet, il y avait déjà eu une fuite de gaz quelques mois avant l'explosion et il en était conscient. Mais le locataire n'y aurait pas prêté suffisamment attention ou n'en aurait pas informé le propriétaire. "Si une réparation professionnelle de la conduite de gaz avait été faite  à ce moment-là, le drame ne se serait pas produit", a déclaré le parquet d'Anvers.

Le quinquagénaire avait précédemment révélé que d'autres personnes avaient trafiqué le compteur de gaz. Il faisait référence à un sous-locataire qui (avec son frère) rénovait le restaurant situé au rez-de-chaussée de la propriété. De plus, selon le locataire, l'entretien du compteur de gaz relève de la responsabilité du propriétaire.

Lors d'une audience préliminaire en avril dernier, le locataire a donc poursuivi le propriétaire et un sous-locataire. Mais propriétaire du bien a toujours indiqué qu'il n'avait jamais entendu ou reçu d'informations sur des problèmes de gaz.

Le parquet n'a donc poursuivi que le locataire, le quinquagénaire de Sint-Niklaas. Aujourd'hui, il doit répondre devant le tribunal d'homicide involontaire,  coups et blessures ayant entraîné la mort sans intention de la donner et incendie involontaire. 

Quelques dizaines de personnes blessées et de personnes ayant subi des dommages se sont portées parties civiles. Le locataire risque jusqu'à deux ans de prison. Une deuxième journée de procès est prévue le 12 mai.

 

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