Paul Uytdewilligen

Mauvaise météo pour les asperges : "Nous n’atteignons qu’un tiers de la production habituelle"

Le temps assez froid du mois écoulé n’est pas favorable à la saison des asperges : ces plantes ont moins poussé que d’habitude. C’est en tous cas ce qu’indiquait ce mercredi matin à Radio 2 Anvers le cultivateur Paul Uytdewilligen, originaire de Essen (province anversoise). "L’asperge est qualifiée de reine du soleil. Nous manquons donc actuellement de soleil, et la nuit il fait encore bien trop froid". Le fait qu’il y ait nettement moins d’asperges qu’à l’accoutumée engendre une hausse des prix. La saison des asperges se termine normalement fin juin. Celles qui ne sont alors pas sorties de terre sont perdues.

"Actuellement, nous n’atteignons qu’un tiers de notre production normale, d’après mes estimations", indiquait le cultivateur Paul Uytdewilligen dans l’émission "Start je Dag" (Radio 2). Les prévisions météo font état de températures plus élevées pour le week-end, mais deux jours de chaleur ne sont pas assez. "Les asperges sont enfouies à 40 cm sous terre. Avant que la chaleur les atteigne, il doit faire beau pendant une semaine", précise le cultivateur.

La saison des asperges se termine normalement le 24 juin. "Il y a déjà eu des années où les asperges étaient encore en pleine croissance à ce moment-là, mais nous ne pouvons pas étendre la période de récolte", explique Paul Uytdewilligen. "Sinon l’asperge sort de terre et fait du feuillage vert, pour pouvoir faire la photosynthèse et accumuler des substances de réserve pour l’année suivante. Il s’agit avant tout de sucres, qui déterminent le goût du légume. Cette période doit durer environ 100 jours. Si nous avons un mois de septembre mitigé, nous n’y parvenons pas et nous aurons alors un problème l’année suivante".

En raison de la pénurie d’asperges, les prix restent très élevés ce printemps. Ils sont en moyenne deux fois plus élevés que les années précédentes, si l’on en croit les chiffres publiés par le syndicat des agriculteurs Boerenbond.

Et le mauvais temps donne davantage de travail aux cultivateurs. "Nous devons passer les cultures en revue chaque jour, et la distance à parcourir reste la même qu’il y ait beaucoup ou peu d’asperges. Quand nous pouvons récolter deux à trois fois plus d’asperges, le prix au kilo diminue de façon gigantesque", précise Uytdewilligen.

Grande demande de l’horeca

La demande en asperges augmente progressivement, les cafés et restaurants étant autorisés à rouvrir leurs terrasses ce samedi 8 mai. "Les commandes pour jeudi et vendredi arrivent en nombre. Il va donc falloir voir comment satisfaire tout le monde, parce que nous ne pouvons pas vendre ce qui n’a pas été récolté".

La récolte n’est pas complètement perdue : "La plante ne disparaît pas, mais elle aura alors moins de temps pour récupérer si on en récolte moins. Et l’offre sur le marché sera réduite".

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