La bourgmestre de Saint-Trond dans la tourmente : "J'ai été vaccinée dès mars et je présente mes excuses"

"Oui, j'ai bien été vaccinée en mars" : après avoir refusé durant plusieurs jours de l’admettre, la bourgmestre de Saint-Trond (Limbourg), Veerle Heeren (CD&V) a finalement avoué avoir reçu une injection bien avant tout le monde. S’exprimant par voie de communiqué, elle a dans la foulée présenté ses excuses. 

Agée de 56 ans, Veerle Heeren a donc reçu une injection début mars, au moment où la campagne de vaccination visait les plus de 85 ans. "À ce moment-là, il y avait chaque jour des quantités assez importantes de vaccins non administrés parce que le système de convocation n'était pas totalement au point, et un groupe de prestataires de soins avait déjà été vacciné dans leur établissement", explique-t-elle dans le communiqué.

"Je vous assure que nous avons suivi de près la stratégie de vaccination des autorités, en établissant un certain nombre de groupes cibles et de listes de priorités", poursuit la bourgmestre. "Je suis persuadée que je n’ai rien fait d’illégal, mais je ne referais pas la même chose", souligne-t-elle encore. "En me laissant convaincre, j’ai commis une erreur de jugement. Je voudrais explicitement m’excuser auprès des habitants de la région de Saint-Trond". 

Amis et proches aussi ?

D’après certaines sources, des membres de la famille de Veerle Heeren ainsi que des collaborateurs auraient également reçu un vaccin en mars.

Interrogée sur ce point, elle indique n’être "à aucun moment concrètement intervenue en faveur de quelqu’un". "En tant que bourgmestre, j’ai renvoyé toutes les demandes qui me parvenaient directement ou via mes collègues vers le centre de vaccination. En tous les cas, ces personnes ont uniquement été vaccinées avec des doses restantes. Nous avons ainsi réussi à faire en sorte que pas un seul vaccin n’a été perdu", précise-t-elle.

La bourgmestre de Saint-Trond a toutefois refusé de dire si son fils, âgé d’une vingtaine d’année, a également reçu une injection. 

"Une clarification nécessaire"

Interrogé dans le cadre de cette affaire, le président du CD&V, Joachim Coens, a déclaré que c’était "une bonne chose que Veerle Hare a enfin créé la clarté", autour de sa vaccination. "Il est également très important qu’elle présente ses excuses aux habitants de Saint-Trond".

"De très nombreux bourgmestres font actuellement énormément d’efforts et sont aujourd’hui comme des capitaines de navire. On ne peut pas créer l’image qu’un capitaine abuse de sa position pour tirer certain avantages", conclut-il. 

Un conseil communal spécial ce lundi

Un conseil communal supplémentaire aura lieu ce lundi à la demande du collège du bourgmestre et des échevins de Saint-Trond. Le conseil désire ainsi offrir davantage de transparence sur le déroulement des faits. Dans l’opposition, certains représentants ont appelé Veerle Heeren a présenter sa démission. 

Bernard Gillet

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