Jelle Jansegers

La STIB condamnée à verser 50.000 euros pour avoir refusé d’engager une femme voilée

La Société des Transports Intercommunaux de Bruxelles (STIB) a été condamnée à verser une somme d’environ 50 000 euros à une femme de confession musulmane portant un voile qui n'a pas été engagée à deux reprises. La plaignante, Unia et la Ligue des Droits Humains (LDH) ont saisi la justice. Le tribunal du travail de Bruxelles a condamné la STIB lundi dernier pour discrimination fondée sur les convictions religieuses et sur le genre.

Par deux fois, les agences de recrutement ont fait savoir à cette femme qui postulait pour un poste administratif que la STIB appliquait une politique de neutralité qui n’autorisait aucun signe convictionnel et qu’elle devrait s’y conformer en retirant son foulard.

Selon Unia, la STIB a refusé à deux reprises de l'engager alors qu'elle possédait les compétences techniques requises pour un emploi administratif interne. 

"Selon le tribunal du travail, cela équivalait à une discrimination directe fondée sur les convictions religieuses et à une discrimination indirecte fondée sur le genre", rapporte Unia mercredi.

Le tribunal estime que le règlement de la STIB qui consiste à refuser tout signe religieux pèse, en réalité, de manière disproportionnée sur les femmes. Ce jugement du tribunal du travail peut avoir des conséquences importantes pour la STIB. "En pratique, cela signifie qu'elle ne sera plus autorisée à discriminer, comme elle l’avait fait", a déclaré Els Keytsman d'Unia.

"Aujourd'hui, une employée n’est pas autorisée à porter un foulard, alors qu'un collègue masculin est autorisé à porter la barbe. La STIB devra examiner de près cette politique et ne sera plus autorisée à appliquer les principes de neutralité exclusive."

Le juge exige maintenant que la STIB verse à la femme un an de salaire. La STIB ne souhaite pas commenter le jugement pour l'instant.
 

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