Réouverture du secteur Horeca : les écrans de plexiglas interdits sur les terrasses

Les gérants de cafés et restaurants ne pourront pas placer des parois en plexiglas entre les tables installées sur leurs terrasses afin de les rapprocher l'une de l'autre pour y accueillir davantage de clients. Alors que l’horeca peut rouvrir ses terrasses ce samedi 8 mai, le flou demeurait encore jeudi à propos de l’utilisation de ces écrans. Mais ce vendredi matin, le ministre de la Justice, Vincent Van Quickenborne, a précisé lors de l'émission radio De Ochtend (VRT) que les parois seront interdites. Les bourgmestres de plusieurs villes flamandes ont indiqué leur intention de ne pas suivre cette interdiction.

A un jour de la réouverture des terrasses, il n'était pas clair aux yeux des tenanciers s'ils pouvaient installer ce type d'écrans de protection devant leur établissement, afin de pouvoir accueillir davantage de clients. D’après le protocole adressé aux professionnels, leur recours serait permis. Le nouvel arrêté ministériel l'interdira explicitement, annonçait ce vendredi le ministre de la Justice Van Quickenborne (photo archives).

"Les plexiglas ne peuvent être utilisés. Certainement pas en ce moment. Le risque de contamination est trop grand sur les terrasses fermées". Selon le ministre, si le protocole adressé au secteur évoque l'usage de plexiglass, c'est parce qu'il a été copié sur celui rédigé l'été dernier. Et si le nouvel arrêté ministériel n'a toujours pas été publié, c'est parce qu'un avis a été demandé au Conseil d'Etat, a encore expliqué Vincent Van Quickenborne.

Dans le protocole relatif au redémarrage du secteur horeca, il est indiqué que les tables doivent être disposées de manière à garantir une distance de 1,5 mètre entre les tablées, mais qu'il est possible de déroger à cette règle en installant une barrière physique suffisamment élevée, comme une paroi en plexiglas de minimum 1,80 mètre de haut. Le commissaire corona, Pedro Facon, a cependant informé le ministre des Classes moyennes David Clarinval, qui a approuvé le protocole au nom du gouvernement, que le passage concernant les parois en plexiglas n'avait pas été approuvé lors du Comité de concertation.

Gand, Louvain, Ostende ne suivront pas l’interdiction

Le bourgmestre de Gand (Flandre orientale) est furieux après l'annonce du ministre de la Justice. "Nous n'allons pas nous y conformer" dans l'immédiat, a réagi Mathias De Clercq. Peu après, le bourgmestre de Louvain, Mohamed Ridouani (photo), a annoncé qu'il suivrait la même voie.

"Annoncer cela la veille de la réouverture est incompréhensible", a tempêté Mathias De Clercq. "Nous allons donc laisser le temps aux tenanciers d'appliquer cette nouvelle règle." Le Comité de concertation avait annoncé le 14 avril la réouverture des terrasses pour le 8 mai, dans le cadre d’un "plan plein air" plus large. "L'horeca et les services communaux ont travaillé d'arrache-pied pour respecter les protocoles reçus tardivement", poursuit le bourgmestre gantois.

Des caméras pour contrôler l'afflux de personnes ont notamment été installées en complément d'actions de sensibilisation. La police locale contrôlera également le respect des mesures à des endroits stratégiques. Mais dresser des amendes aux gérants qui auraient tout de même installé des plexiglas sur leur terrasse n'est pas la priorité, assure De Clercq.

Du côté de Louvain (Brabant flamand), le bourgmestre socialiste Mohamed Ridouani a aussi annoncé, sur Twitter, un délai (dont la durée n'a pas été précisée) pour appliquer cette réglementation, qui n'est pas encore fondue dans un arrêté ministériel. "Les protocoles sont déjà arrivés tard (...), nous allons donc offrir du temps à l'horeca pour se conformer à la mesure", a indiqué Ridouani.

Quant au bourgmestre d’Ostende (Flandre occidentale), Bart Tommelein, il déclare que la règle du plexiglas "ne sera pas une priorité de contrôle" dans la ville balnéaire. Le bourgmestre d’Anvers, Bart De Wever, est également fâché que le flou subsiste encore à 24h de la réouverture des terrasses.

Les plus consultés