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La justice française ordonne l'extradition du patron d'Avrox

La chambre de l'instruction de la cour d'appel d'Aix-en-Provence a ordonné la remise aux autorités judiciaires belges de l'administrateur délégué de la société luxembourgeoise Avrox. Cette société controversée avait remporté un appel d'offres en Belgique pour la livraison de 15 millions de masques buccaux. Mais l’homme d’affaires français est soupçonné de fraude par la justice belge.

Laurent Hericord a été arrêté début mai dans le sud de la France et entendu mercredi par la chambre de l'instruction d'Aix. Contacté par quotidien Le Soir, le parquet général d'Aix confirme que "la chambre de l'instruction a ordonné la remise de l'intéressé aux autorités judiciaires belges". Laurent Hericord peut se pourvoir en Cassation contre cette décision, dans un délai de trois jours.

"Si aucun pourvoi n'est formé, il sera remis à l'État requérant (la Belgique) dans un délai de 10 jours", précise le parquet d'Aix. Brice Erniquin, autre membre de l'équipe dirigeante d'Avrox, a quant à lui déjà été extradé du Luxembourg vers la Belgique, avec son consentement, précise Le Soir. Il a été placé en détention à la prison de Saint-Gilles. La chambre du conseil devait se prononcer ce vendredi sur la validité de son mandat d'arrêt.

L'arrestation du CEO d'Avrox et de deux autres personnes est liée à une instruction de la justice belge ayant pour objet notamment des préventions de faux et usage de faux, escroquerie, blanchiment et entrave à la liberté des enchères et soumissions. Fin avril 2020, en pleine crise sanitaire, le gouvernement Wilmès avait promis un masque en tissu pour chaque Belge. Le ministère de la Défense avait alors lancé un appel d'offres et avait finalement choisi deux entreprises: la luxembourgeoise Avrox et la gantoise Tweed&Cotton. La première s'était vu attribuer une livraison de 15 millions de masques, tandis que la seconde en fournirait 3 millions.

Le parquet de Bruxelles avait ouvert une enquête sur cet achat à Avrox en juin, après que plusieurs entreprises aient fait valoir qu'elles s'estimaient injustement exclues de l'appel d'offres. Des questions se posaient sur la société et son expérience. Une des conditions d'octroi de l'appel d'offres était d'avoir déjà fourni au moins 250.000 masques en étoffe à un autre client. Avrox faisait état d'une commande d'un million de masques en 2020, mais restait discret sur le nom de l'acquéreur approvisionné.

Le quotidien flamand Het Laatste Nieuws a découvert qu'il s'agissait de la société offshore Bright Periods Consulting, basée à l'île Maurice et créée en septembre 2015. Son directeur brésilien est proche depuis au moins six ans d'un des actionnaires d'Avrox, selon Het Laatste Nieuws et Le Soir qui ont épluché son compte Instagram.

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