Première en Belgique: des algues seront désormais récoltées en Mer du Nord

Au large de la plage de Nieuport (Flandre occidentale) on récoltera pour la première fois la semaine prochaine des algues cultivées en Mer du Nord. Une première. Au terme d’années de recherches, des scientifiques de l’Université de Gand (Flandre orientale) sont parvenus à cultiver des algues en grande quantité, sans qu’elles ne soient emportées par les flots.

La Mer du Nord n’est pas un environnement facile pour cultiver des algues. En Asie, on cultive des algues de mer depuis des centaines d’années, mais cela se passe toujours dans des circonstances protégées. "'Ce n’est absolument pas le cas de la Mer du Nord"', précise le professeur de biologie Olivier De Clerck de l’Université de Gand.

Les chercheurs flamands ont passé une année intense à faire de nombreux essais. "'La difficulté réside avant tout dans les grains de sable qui flottent dans l’eau et qui, en combinaison avec les courants et les marées, ont un peu l’effet du papier de verre. C’est pourquoi les algues poussent difficilement et sont facilement emportées".

Economie bleue

Olivier De Clerck espère pouvoir récolter la semaine prochaine des centaines de kilos d’algues. "Nous utilisons des filets spéciaux qui permettent aux plantes de bien se fixer. Notre rêve est de pouvoir développer de véritables fermes d’algues dans les parcs à éoliennes au large de notre littoral", indique le scientifique.

"Les parcs éoliens sont un véritable basculement vers ce qu’on appelle l’économie bleue. De grandes surfaces y ont été aménagées pour produire de l’énergie éolienne. Mais comme il est interdit d’y pêcher, nous avons assez rapidement pensé à y développer de l’aquaculture. Des fermes aquacoles produisant des moules, des huitres, et donc aussi des algues. Les Pays-Bas sont pionniers dans le domaine".

Olivier De Clerck ne voit que des avantages à son projet, depuis les avancées de sa recherche. "On n’utilise aucun engrais et les algues absorbent d’elles-mêmes le CO2. Ces plantes contiennent beaucoup de protéines et peuvent donc parfaitement remplacer la viande", précise le professeur de l’UGent.

"Pas encore populaires"

On ne peut cependant pas encore considérer que la consommation d’algues soit devenue chose courante en Belgique. "Ce projet peut être une première étape vers la consommation d’algues. Il ne faut pas les voir comme cette masse gluante qui s’échoue parfois sur les plages. Ces plantes-là sont déjà mortes depuis un certain temps"'.

"Les algues vivantes et saines sont bien fermes et absolument comestibles. Personnellement, je ne connais pas de bonne recette, je ne suis pas vraiment un talent culinaire. Mais le chef belge Donald Deschacht a publié un livre de cuisine avec de merveilleuses recettes pour préparer les différents types d’algues", conseille De Clerck.

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