© Queen Elisabeth Competition - Derek Prager

Les finalistes du Concours Reine Elisabeth 2021 sont connus : six au lieu de douze, par précaution sanitaire

Les noms des six finalistes (photo) du prestigieux Concours musical international Reine Elisabeth de Belgique, dédié cette année au piano (édition 2020 reportée), ont été proclamés samedi soir dans la grande salle de concert de Flagey, dépourvue de public. La finale, qui débutera le lundi 24 mai au Palais des Beaux-Arts de Bruxelles (Bozar), rassemblera trois jeunes pianistes russes, deux Japonais et un Français. Avant cela, ces six candidats auront passé une semaine d’isolement à la Chapelle musicale Reine Elisabeth à Waterloo, pour y étudier le concerto imposé et inédit de la finale. Une tradition solidement ancrée dans l’histoire du Concours et qui fait notamment sa spécificité et son extrême difficulté. C’est pour pouvoir accueillir ces finalistes en toute sécurité sanitaire que leur nombre a été réduit cette année de douze à six.

Les six finalistes sont Vitaly Starikov (Russie), Tomoki Sakata (Japon), Keigo Mukawa (Japon), Sergei Redkin (Russie), Dmitry Sin (Russie) et Jonathan Fournel (France). Ils présenteront dans cet ordre leur prestation finale au Bozar.

Il n’y avait pas de candidats belges admis cette année au Concours et seulement neuf femmes sur les 58 pianistes qui ont présenté la première épreuve début mai. La seule d’entre elles retenue pour la demi-finale, la Sud-Coréenne Su Yeon Kim, ne figure pas parmi les finalistes. Aussi peu que le Néerlandais Aidan Mikdad, benjamin des candidats à 19 ans, qui est lui aussi "victime" de la réduction du nombre de finalistes.

La finale se tiendra du 24 au 29 mai au Palais des Beaux-Arts de Bruxelles, avec le Belgian National Orchestra dirigé par son chef Hugh Wolff. Chaque soir, un des six finalistes interprétera un concerto au choix, ainsi que l'œuvre inédite écrite spécialement pour cette session du Concours par Bruno Mantovani et intitulée "D'un jardin féérique".

En fonction de leur ordre de passage, les finalistes entreront à la Chapelle Reine Elisabeth à raison d'un par jour, pour étudier l'œuvre imposée en finale. Leur séjour est organisé selon le protocole sanitaire établi. "Samedi, jour où ils seront présents tous les six, une rencontre digitale en visio-conférence est prévue avec Sa Majesté la Reine Mathilde (photo, à g.), dont le Concours bénéficie du Haut Patronage. La rencontre des finalistes avec Bruno Mantovani, compositeur de l'œuvre imposée, aura également lieu en visio-conférence", précisaient les organisateurs.

La Reine Mathide a déjà assisté plusieurs fois aux épreuves du Reine Elisabeth cette année, à Flagey.
© Queen Elisabeth Competition - Derek Prager

La proclamation du classement des lauréats aura lieu le samedi 29 mai en fin de soirée, après la prestation du Français Jonathan Fournel. Un moment habituellement électrique au Bozar bondé de spectateurs et sous les feux des médias. Cette fois, les spectateurs devront suivre la finale via la radio, la télévision ou en ligne. La proclamation finale sera faite par Gilles Ledure, président du Concours Reine Elisabeth, comme c’était le cas ce samedi soir à Flagey pour divulguer les noms des six finalistes. 

Gilles Ledure était entouré sur la scène de Flagey par les membres du prestigieux jury (vidéo, en anglais). Ces derniers ne choisissent pas les finalistes sur base d’une délibération. Le résultat provient de l’addition des points octroyés par les jurés aux différents interprètes. La surprise du résultat est souvent aussi grande pour le jury que pour le public.

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"Une énorme évolution chez les jeunes pianistes"

Gilles Ledure est depuis 2011 directeur général du centre d’art Flagey à Bruxelles et préside depuis 2019 au jury du Concours Reine Elisabeth. Et a aussi été directeur (artistique) d’orchestres français, belge et luxembourgeois. A VRT NWS, il expliquait être très conscient de l’impact que peuvent avoir pour les jeunes pianistes les restrictions sanitaires introduites pour l’édition 2021 du Concours. "Il y a douze pianistes qui n’ont pas mérité de ne pas accéder à la demi-finale. Je ne devrais sans doute pas le dire, mais pour moi les 58 candidats des premiers éliminatoires auraient tous pu passer en finale".

Le Concours est consacré alternativement au piano, au violon, au chant et au violoncelle. Il a donc lieu une fois tous les quatre ans pour chaque discipline. "Pour nombre de pianistes, c’est maintenant ou jamais qu’ils doivent y prendre part. Dans quatre ans, ils auront peut-être dépassé l’âge limite de 30 ans, où ils n’auront plus le temps de s’y préparer".

Gilles Ledure se dit très impressionné par le niveau technique et musical des candidats, dès l’étape de la présélection. "Il y a apparemment une énorme évolution qui est en train de se faire dans la méthode d’enseignement du piano et dans l’engagement des jeunes interprètes. Il ne s’agit pas seulement de leurs capacités techniques, mais aussi de leur sensibilité musicale et leur compréhension de la musique".

"On le remarque dans toutes les catégories d’âge et dans tous les continents", s’émerveillait encore Gilles Ledure.

Un extrait de la prestation, en demi-finale, du Japonais Tomoki Sakata.

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