Des vacances d’été raccourcies en Fédération Wallonie-Bruxelles mais pas en Flandre

Les vacances d'été seront raccourcies de deux semaines, à partir de 2022, dans l’enseignement francophone, mais en Communauté flamande elles resteront inchangées pour le moment. La ministre Caroline Désir (PS) a tendu la main à son collègue flamand, mais Ben Weyts (N-VA) ne veut pas que le débat sur les vacances d'été ait lieu en pleine pandémie. Le responsable du réseau d’enseignement catholique flamand, Lieven Boeve, doute lui aussi de l'urgence de la mesure, mais ajoute vouloir un débat sur le sujet, c’est ce qu’il a déclaré dans l’émission "De zevende dag", ce dimanche.

Pour les élèves francophones, de maternelle, primaire et secondaire, les vacances d’été seront raccourcies, dès 2022. Elles passeront de neuf à sept semaines. L’année scolaire commencera systématiquement un lundi ( le dernier d’août) et se finira un vendredi (le premier de juillet). Pour l’année 2022-2023, l’année se déroulera donc du 29 août au 7 juillet.

Cette réforme s'appuie sur un modèle fait de 7 semaines entières de vacances estivales, et de 2 semaines à la Toussaint, à Noël, à Carnaval et à Pâques. La ministre francophone de l’Education Caroline Désir (PS) est venu expliquer cette réforme ce dimanche, (en néerlandais) dans l’émission De zevende dag (VRT). Avec cette réforme, la ministre veut s'attaquer à l'inégalité qui prévaut dans l'enseignement. "Cela devrait permettre de réduire le nombre d'élèves en décrochage scolaire après de longues vacances d'été." 

Cette réforme ne s'appliquera qu'en Fédération Wallonie-Bruxelles, la Flandre n'entendant pas réformer ses rythmes scolaires actuellement.
 

"En Flandre, on se pose encore beaucoup de questions"

Le ministre flamand de l’Enseignement Ben Weyts (N-VA) avait indiqué en début de semaine que la Flandre n'avait pas l'intention de suivre le mouvement. Le ministre se dit "ouvert au débat, mais pas au milieu de cette crise sanitaire qui demande déjà tant au domaine éducatif", a répondu son porte-parole. 

Lors du débat, le parlementaire flamand Koen Daniëls a soutenu son collègue de parti dans cette démarche.

Le réseau catholique flamand n’est pas non plus demandeur de réforme rapide du calendrier scolaire. "Nous voulons bien avoir une discussion sur le sujet, parce que nous comprenons les arguments pédagogiques", a déclaré Lieven Boeve, "mais il y a aussi beaucoup d'autres perspectives comme l'organisation scolaire par exemple. Les directeurs d'école ne s'arrêtent pas de travailler le 30 juin, ils continuent à travailler.

Rares sont les réformes sur lesquelles les experts en éducation s'accordent autant.
Dirk Van Damme

Dirk Van Damme, expert en éducation de l'OCDE, estime lui aussi qu'il ne faut pas mettre en œuvre une telle réforme d'un seul coup, pourtant il met en avant des arguments pédagogiques : "Rares sont les réformes sur lesquelles les experts en éducation s'accordent autant que la perte d'apprentissage durant été." Les vacances d'été sont trop longues pour les jeunes, trop longtemps déconnectés de l'école, il s'agit de perte de connaissances et de compétences due à l'inactivité pendant l'été".

J'ai communiqué mon projet de réforme à Ben Weyts et j'espère encore le convaincre
Caroline Désir (PS)

Cette réforme, devrait logiquement entraîner quelques désagréments organisationnels dans les familles où les enfants sont scolarisés en Flandre et en Fédération Wallonie Bruxelles.
"J'ai communiqué mon projet de réforme à Ben Weyts et j'espère encore le convaincre", a déclaré Caroline Désir. Pas uniquement pour les familles ayant des enfants dans les deux systèmes d’enseignement : " Mais (une uniformité ndlr.) serait importante pour toutes les familles autour de la frontière linguistique et à Bruxelles ».


 

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