Unia : "Il faut un plan d'action ambitieux pour lutter contre l'homophobie"

L'an dernier, Unia, l'ex-centre pour l'égalité des chances, a reçu 406 signalements de discriminations sur base de l'orientation sexuelles. Environ un quart (109) ont donné lieu à l'ouverture d'un dossier. Si le nombre est en baisse de 18% par rapport à l'année précédente record, il est stable sur les cinq dernières années.

"Il ne faut pas que la diminution du nombre de dossiers donne une impression erronée, les chiffres ne montrent qu'une partie de la réalité", souligne Patrick Charlier, directeur d'Unia. "Pour différentes raisons, de nombreux faits d'homophobie et de violence à l'égard des personnes homosexuelles ne sont pas signalés et répertoriés."

L'an dernier, les dossiers ouverts concernaient principalement la vie en société (31), l'emploi (27) les médias (24) et les biens et services (12). 49 faits concernaient des discours de haine, tandis que 41 dossiers étaient liés à des crimes de haine basés sur l'orientation sexuelle.

"Il faut un nouveau plan d'action ambitieux pour lutter contre l'homophobie et la transphobie?", affirme Patrick Charlier, à l'occasion de la Journée internationale contre l'homophobie et la transphobie de ce 17 mai. "Un nouveau plan d'action est souhaitable et indispensable. Pas seulement pour lutter contre les violences homophobes, mais aussi pour que l'homosexualité ne soit plus un tabou à l'école, sur le lieu de travail et dans tous les domaines de la société." 

Il est tout aussi important, appuie-t-il, que les discours de haine soient poursuivis de façon plus systématique. "Pour le moment, de nombreux faits ne sont pas poursuivis car ils devraient être traités devant les assises, ce qui dans la pratique n'arrive pas", pointe-t-il. 

"L'impunité des discours de haine homophobes ne peut plus durer. Il est inacceptable qu'aucune poursuite ne soit engagée pour incitation à la haine, à la violence ou à la discrimination à l'encontre des personnes LGBTI, dans les médias ou via internet", estime le directeur d'Unia, pour qui "la diffusion d'idées homophobes devrait être considérée comme une infraction pénale".
 

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