24 écoles néerlandophones de Bruxelles cherchent en vain du personnel

Afin de rattraper le retard d'apprentissage engendré par la pandémie de corona, de nombreuses écoles néerlandophones bruxelloises sont à la recherche de personnel supplémentaire et de subsides additionnels de la Commission communautaire flamande. Selon les chiffres livrés par le ministre Sven Gatz, en réponse à une question de la députée bruxelloise Bianca Debaets (CD&V), beaucoup d'écoles éprouvent des difficultés à trouver des enseignants supplémentaires.

Depuis l'apparition de la pandémie, 125 écoles néerlandophones bruxelloises ont déjà demandé de nouveaux subsides à la Commission communautaire flamande. (CCF). Ce faisant, elles espèrent pouvoir recruter du personnel supplémentaire, mais de nombreux postes restent vacants.

Au début du mois de mai, 24 écoles - soit une école sur 5 parmi celles qui ont demandé un soutien financier - n'avaient pas encore trouvé de personnel supplémentaire. Un bilan de la situation datant de début mai indique que plus d'une centaine d'écoles néerlandophones de Bruxelles disposaient d'un corps enseignant temporairement élargi.

L'ensemble représente un total de 163 enseignants, soit près de 40 équivalents temps plein. La durée de leurs missions varie d'une semaine à trois mois, mais celles-ci ont toutes le même objectif : aider les élèves à rattraper leur retard.

Des centaines d’enseignants supplémentaires ?

Pour rappel, le ministre flamand de l’Enseignement Ben Weyts (photo) annonçait il y a une semaine avoir élaboré un plan pour tenter de résorber les retards d’apprentissage causés par l’épidémie, et plus particulièrement par les périodes de confinement et de cours à distance auxquels ont été confrontés les élèves. A terme, ce sont des centaines d’enseignants supplémentaires qui seront ainsi engagés.

Au cours de la prochaine année scolaire, le gouvernement flamand va donc injecter chaque mois 10 millions d’euros supplémentaires dans l’enseignement, afin de pouvoir engager 2.000 enseignants supplémentaires à temps plein.

A cela viendront s’ajouter dès septembre - mais aussi pour les années scolaires suivantes - quelque 27 millions d’euros supplémentaires pour engager de façon structurelle 540 nouveaux enseignants à temps plein, qui s’occuperont avant tout des élèves les plus vulnérables, qui sont souvent ceux qui ont accumulé un plus grand retard scolaire.

Mais depuis l’annonce du ministre Weyts, des voix se sont déjà élevées en Flandre pour mettre en doute la possibilité de recruter 2.000 enseignants supplémentaires. La pénurie d’enseignants qualifiés est en effet un problème qui date de bien avant la crise sanitaire.

Ce mardi, deux membres de la direction de l’Institut Saint-Joseph à Ternat, en Brabant flamand, ont d’ailleurs envoyé une lettre ouverte au ministre flamand de l’Enseignement, lui reprochant de créer trop d’attentes - comme le saut numérique ou l’engagement d’enseignants supplémentaires - que les écoles ne parviennent pas toujours à concrétiser.

Pour rendre le métier d’enseignant plus attrayant et donc parvenir à terme à engager 2.000 enseignants supplémentaires, les directeurs demandent au ministre de faire preuve d’une appréciation accrue des enseignants. Ben Weyts a déclaré regretter le message négatif des deux directeurs. "Depuis des années, on réclame de l’aide supplémentaire dans les classes et des outils numériques. Maintenant que ces aides sont annoncées, certains ne les estiment pas adéquates. Dommage. Je trouve qu’elles participent à une revalorisation de la profession d’enseignant".

Les plus consultés