La Belgique veut montrer la voie en matière de cyberstratégie

Le Conseil national de sécurité (CNS) a validé ce jeudi les détails de la stratégie de cybersécurité 2.0, qui cadre l'approche transversale de la Belgique en termes de menace cybernétique et d'opportunités pour le pays. Elle doit propulser la Belgique au rang des pays les moins vulnérables d'Europe d’ici 2025. Avec notamment une meilleure collaboration entre universités, entreprises et autorités, et davantage de moyens financiers.

L'avènement d'une société de plus en plus numérique et le recours accru aux nouvelles technologies s'accompagne mondialement d'une recrudescence des cyberattaques mais également, comme l'attaque récente du réseau Belnet l'a encore démontré début mai, d'une intensification de la gravité et du degré de ces attaques.

"Le nombre de cas de cybercriminalité a considérablement augmenté ces dernières années. Nous voyons de plus en plus de criminels se reconvertir en cybercriminels. Ils agissent de manière rapide, anonyme, organisée et à l'échelle internationale. Nous équipons la justice en conséquence pour qu'elle puisse mieux faire face à ce fléau", a expliqué le ministre de la Justice, Vincent Van Quickenborne (Open VLD) dans un communiqué.

Il a également annoncé la mise à disposition de "cybermagistrats" dans les parquets et de spécialistes IT pour la police judiciaire fédérale. Un investissement de 100 millions d'euros est également prévu pour la numérisation de la justice.

Michel Spingler

Cybersécurité 2.0

L'évolution constante du cyberespace et de ses enjeux poussent la Belgique à investir en continu dans son infrastructure et sa sécurité depuis plusieurs années. Dernier exemple en date: la cybersécurité est l'un des axes centraux du plan national pour la reprise et la résilience remis par la Belgique à la Commission européenne fin avril.

La Belgique se dote ainsi d'une nouvelle stratégie qui s'articule autour de six objectifs précis: renforcer l'environnement numérique et accroître la confiance dans l'environnement numérique; armer les utilisateurs et les administrateurs d'ordinateurs et de réseaux; protéger les organisations d'intérêt vital contre toutes les cybermenaces; répondre à la cybermenace; améliorer les collaborations publiques, privées et universitaires; affirmer un engagement international clair.

"La stratégie de cybersécurité 2.0 qui a été définie ambitionne de propulser la Belgique au rang des pays les moins vulnérables d'Europe dans le domaine de la cybersécurité à l'horizon 2025", a commenté Miguel De Bruycker, directeur du Centre pour la Cybersécurité Belgique (CCB) qui sera chargé de la mise en œuvre de la stratégie de cybersécurité.

"Ces dernières semaines, nous avons assisté à une recrudescence des escroqueries par SMS, surtout après la fuite de données Facebook. Notre message reste le suivant: 'Faites bien attention à ce que vous installez et à la provenance du message'", a ajouté la ministre des Télécommunications, Petra De Sutter (Groen). "Mais en tant que gouvernement, nous avons aussi une grande capacité d'action. Grâce aux moyens du Plan de relance, nous allons pouvoir étendre et automatiser la lutte contre le phishing ou le smishing (fraude par SMS) en collaboration avec les opérateurs. Notre nouvelle loi sur les télécommunications, qui sera bientôt soumise au vote du Parlement, fournit le cadre juridique nécessaire", a précisé Petra De Sutter (photo).

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