La chasse à l’homme se poursuit dans le Limbourg pour retrouver le militaire fugitif Jurgen Conings

Les opérations de recherche de Jurgen Conings, un militaire armé en fuite, sont entrées dans leur troisième jour ce jeudi. Mercredi, quelque 250 policiers et de militaires ont ratissé sans succès le Parc national de la Haute Campine (Limbourg), à la recherche de l'homme de 46 ans porté disparu depuis lundi soir. Le parquet fédéral a annoncé que la police et l'armée vont procéder jeudi après-midi à un balayage très complet du parc national, "jusqu'à ce que le suspect soit arrêté". Environ 400 hommes ont été déployés, dont 150 de la Défense et 250 de la police. La Belgique a également demandé du renfort à ses pays voisins.

Jurgen Conings, militaire de profession, avait récemment proféré des menaces envers plusieurs personnes, dont le virologue Marc Van Ranst. Début mai, l'homme avait déjà adopté un comportement agressif dans sa caserne de Bourg-Léopold avant de disparaitre dans la nuit de lundi à mardi. Sa compagne a donné l'alerte mardi matin. 

La poursuite de l'homme à grande échelle a débuté lors de la découverte de deux lettres d'adieu au contenu plus qu'alarmant ainsi que d'un arsenal composé de quatre lance-roquettes M72 LAW, un pistolet-mitrailleur automatique FN P90, un pistolet de 5,7 mm et un gilet pare-balles.

Mardi, les opérations ont permis de retrouver la voiture de Conings dans les bois de Dilser (Dilsen-Stokkem, Limbourg). À l'intérieur de celle-ci se retrouvait les quatre armes antichars ainsi qu'un dispositif piège. 

Un parc de 12.000 hectares

Mercredi, le parc national des Hoge Kempen a été fermé et des recherches ont été menées tout au long de la journée. Vers 18h30, six détonations ont été entendues. Selon plusieurs médias, il s'agirait de tirs d'arme à feu qui n'ont pas été effectués par la police. Cependant, aucune confirmation officielle ne permet d'affirmer cette information pour l'instant. 

Dans le courant de la soirée, 90 militaires ainsi que plusieurs véhicules blindés sont venus en renfort des forces de police. Ces forces se concentrent sur le parc national de la Haute Campine, qui reste fermé jeudi. 

S'étendant sur quelque 12.000 hectares, la zone d'étendue du parc englobe entre autres les communes de Asch-en-Campine, Bilsen, Brée, Dilsen-Stokkem, Genk, Lanaken, Maaseik, Maasmechelen, Oudsbergen et Zutendaal. Plusieurs bunkers et tranchées se trouvant dans la réserve ont été utilisés durant la Première Guerre mondiale comme terrain d'entrainement par l'armée allemande.

Jos Lantmeeters (NV-A), gouverneur de la province de Limbourg, a déclaré qu'aucune mesure de sécurité supplémentaire n'était prise pour l'instant. Les écoles, les hôpitaux et les magasins restent donc actuellement ouverts. Le gouverneur a tenu à souligner que l'action de la police suit une stratégie claire.

Un balayage complet ce jeudi

Ce jeudi, le parquet fédéral a annoncé que la police et l'armée allaient procéder cet après-midi à un balayage très complet du Parc national de la Haute Campine. Environ 400 hommes sont déployés, dont 150 de la Défense et 250 de la police. Peu après 15h00, un impressionnant cortège de véhicules des forces spéciales de la police s'est ébranlé, sous les yeux de nombreux spectateurs et de la presse. Au total, on comptait une dizaine de voitures de police du Benelux et d'Allemagne.

"Il y a des éléments du dossier qui laissent à penser que le suspect se trouve dans les environs", a déclaré Wenge Roggen, porte-parole du parquet fédéral. "Nous continuerons jusqu'à ce que le suspect soit arrêté".  "C'est une zone où nous supposons qu'il se cache. La zone est délimitée et est fouillée" ajoute Roggen.

"Nous avons affaire à une personne dangereuse en possession d'armes et entrainée. Nous partons du fait qu'il est toujours en vie. C'est une grosse opération sur un terrain très difficile d'accès et laborieux pour les fouilles". 

Le parquet fédéral dispose également de précisions supplémentaires à propos des armes qui sont encore en possession du fugitif mais ne souhaite pas communiquer d'informations à ce sujet. 

Des unités spéciales en attente aux Pays-Bas

La police néerlandaise a confirmé auprès de l'agence Belga que des unités spéciales se tiennent prêtes à intervenir aux Pays-Bas au cas où Jurgen Conings tenterait de passer la frontière.

Le Parc national de la Haute Campine étant proche de la frontière néerlandaise, il n'est en effet pas impossible que le fugitif tente de se rendre aux Pays-Bas. La police locale a déclaré être "en alerte et se tenir prête". Cette dernière n'a pas précisé le nombre d'unités de police déployées. 

Actuellement, l'épicentre de la police, des unités spéciales, de l'armée et du service d'appui canin se situe à la porte d'entrée "De Salamander".  Jeudi matin, plusieurs membres de la presse ainsi que des habitants ont entendu des coups de feu dans le parc. Le périmètre de sécurité a été élargi tandis que la presse présente a été priée de se tenir à l'écart. Des ambulances sont venues en nombre à "De Salamander" "et restent en stand-by. La protection civile et les chevaux de la police fédérale sont aussi arrivés à la porte d'entrée.

Surveillance renforcée dans les mosquées

L'Union des mosquées du Limbourg a appelé, mercredi, toutes les mosquées de la province à être vigilantes tant que Jurgen Conings, connu pour ses sympathies avec l'extrême droite, n'aura pas été arrêté.

Les mosquées de Maasmechelen vont faire l'objet d'une surveillance policière renforcée, a indiqué ce jeudi le bourgmestre Raf Terwingen (CD&V). Plusieurs mosquées des communes voisines fermeront par précaution.

Bien que la province et le Centre de Crise n'aient pas appelé à une fermeture générale, plusieurs mosquées de Dilsen-Stokkem, Beveren et Tessenderlo ont décidé de fermer leurs portes.  Selon le bourgmestre Raf Terwingen, les lieux de culte de Maasmechelen resteront ouverts, mais avec une plus forte surveillance policière, ce qui peut restreindre leurs activités. 

Le bourgmestre indique également avoir reçu beaucoup de messages et de coups de téléphone de la part de ses concitoyens, dont certains ont décidé de ne pas envoyer leurs enfants à l'école. "Je comprends cette crainte, mais l'OCAD (l'Organe de Coordination pour l'Analyse de la Menace) et la police fédérale travaillent de manière professionnelle et ne prendraient pas de risque s'il y en avait un", a-t-il déclaré, se voulant rassurant.

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