Plus d’un tiers des jeunes en Flandre ne veut pas se faire vacciner

Voilà l’une des conclusions d’un large sondage - baptisé Le Scrutin (De Stemming en néerlandais) - réalisé en avril par l’Université d’Anvers et l’Université Libre néerlandophone de Bruxelles (VUB) pour la VRT et le quotidien De Standaard, pour avoir une idée de l’état d’esprit en Flandre un an après le début de l’épidémie de Covid-19. Il en ressort notamment que les jeunes sont moins enclins à se faire vacciner contre le coronavirus que les ainés et que les préférences politiques influencent aussi l’attitude face à la vaccination. D’autre part, une majorité de Flamands auraient peu confiance en l’approche du gouvernement pour mener à bien une relance économique post-corona.

Mais tout d’abord une bonne nouvelle : sur l’ensemble de la population en Flandre, 81% des citoyens en moyenne seraient prêts à se faire vacciner contre le coronavirus dès qu’un vaccin est mis à leur disposition. C’est en tous cas ce que révèle le sondage effectué auprès de 2.000 citoyens pour De Stemming.

"Mais bien entendu ‘en moyenne’ est une expression peu commode car cela veut dire qu’on gomme les résultats les plus bas et les plus élevés"', explique le journaliste politique de VRT NWS, Ivan De Vadder (photo). Or ces extrêmes sont bien présents et l’attitude face à la vaccination est notamment influencée par l’âge ou les choix politiques des personnes interrogées. Celles qui votent pour des partis extrêmes ou votent blanc, celles qui sont peu satisfaites du fonctionnement de la démocratie ou soupçonnent des "fake news", mais aussi celles qui ont un niveau d’éducation plus faible hésitent davantage à se faire vacciner.

Ainsi, 93% des citoyens de plus de 65 ans seraient prêts à se faire vacciner, alors que seuls 66% des jeunes âgés de 18 à 25 ans auraient cette même volonté. Il n’est donc pas certain que la Flandre parviendra à faire vacciner 80% de sa population adulte, un pourcentage qu’elle estime nécessaire pour autoriser les festivals au mois d’août.

Le gouvernement flamand est donc mis au défi de parvenir à convaincre autant de jeunes, de personnes peu qualifiées et d’électeurs des partis Groen et Vlaams Belang que possible de se faire vacciner afin d’arriver à l’immunité de groupe tant recherchée. Reste à voir si nous n’avons pas en Belgique trop de ministres de la Santé responsables à divers niveaux que pour faire passer un signal clair et convainquant.

Indépendamment de leur volonté personnelle de se faire vacciner, 70% des Flamands interrogés estiment que les vaccins nous redonnerons la liberté que nous avons perdue avec le confinement. Pour une partie de la population, cette liberté est déjà en vue, mais la majorité de la population attend encore d’être invitée à se faire vacciner. D’autre part, seul un tiers des Flamands interrogés estiment que les personnes qui sont déjà vaccinées devraient pouvoir bénéficier d’assouplissements accrus.

Inquiétudes face aux mesures pour la relance économique

De Stemming révèle en outre qu’un tiers seulement des Flamands questionnés estiment que l’économie reprendra rapidement après la crise sanitaire. Aussi peu de citoyens du nord du pays jugent que les gouvernements flamand et fédéral ont élaboré de bons plans pour favoriser la relance économique.

Ce manque de confiance dans l’avenir se reflète aussi dans l’insatisfaction de la population face à la politique menée pour combattre l’épidémie. Cette insatisfaction a d’ailleurs augmenté, par rapport aux gouvernements fédéral et flamand, en comparaison avec le premier sondage (De Stemming 1) mené par l’Université d’Anvers et la VUB au printemps 2020 pour la VRT et De Standaard. Actuellement, 40% des Flamands sont insatisfaits de la politique menée. Il y a un an, le taux de satisfaction dépassait encore celui d’insatisfaction. Au niveau fédéral, cela veut dire que l’approche menée par le gouvernement de Sophie Wilmès était davantage appréciée que celle de l’actuel gouvernement d’Alexander De Croo.

En 2020, les Flamands étaient encore prêts à combattre tous ensemble la nouvelle crise. Mais comme celle-ci perdure, la population se lasse profondément de toutes les mesures de précaution.

Le journaliste Ivan De Vadder souligne néanmoins que malgré l’insatisfaction d’une partie de la population face à la politique menée, l’approche des divers ministres fédéraux est généralement appréciée. Le score du Premier ministre Alexander De Croo (photo) est bon : la moitié des Flamands sont satisfaits de sa façon de faire. Il s’en sort ainsi mieux que Sophie Wilmès (photo) qui l’avait précédé, au début de la crise sanitaire.

A noter aussi que les membres du gouvernement fédéral sont davantage appréciés par les Flamands que ceux de leur gouvernement régional, en ces temps de crise sanitaire.

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