Malgré l’énorme mobilisation de la police et l’armée, Jürgen Conings reste introuvable

Le militaire armé en fuite depuis mardi n'a pas été retrouvé dans le périmètre de 20 km passé une nouvelle fois au peigne fin, jeudi, dans le parc national de la Haute Campine. C’est ce qu’a indiqué le parquet fédéral peu avant minuit. Les fouilles ont été interrompues pendant la nuit, mais le parquet indique "continuer les recherches", en précisant estimer que Jürgen Conings est encore en vie. Le gouverneur du Limbourg, Jos Lantmeeters, a confirmé ce vendredi à la porte d’accès De Salamander, à Maasmechelen, que les fouilles se poursuivent dans la même section du parc national.

"Des raisons concrètes" ont amené les enquêteurs à concentrer les fouilles jeudi après-midi autour de trois zones précises du parc, a précisé le parquet fédéral. Ces recherches n'ont cependant pas permis d'appréhender l'individu en fuite et les fouilles ont été interrompues pendant la nuit. En début de soirée, les services de police et les unités de la Défense à la recherche de Jürgen Conings avaient annoncé fouiller une zone d'un périmètre de 20 kilomètres. 

"Nous voulons être minutieux dans notre travail de recherche et avancer en toute sécurité dans une zone parfois difficile d'accès en raison des forêts, des buissons et des plans d'eau", a expliqué le directeur-coordinateur (DirCo) de la police fédérale limbourgeoise, Robin Minten. Il a par ailleurs dit ne pas savoir si le militaire quadragénaire était toujours en vie ou s'il avait fui.

Les forces de l'ordre recherchent depuis mardi soir Jürgen Conings, un militaire de 46 ans répertorié comme "extrémiste potentiellement violent" par l'Organe de coordination pour l'analyse de la menace (Ocam). Le fugitif armé avait menacé de s'en prendre aux structures de l'État et à plusieurs personnalités, dont le virologue Marc Van Ranst.

Concertation pour de nouvelles mesures

Le parquet fédéral, le Centre national de crise et le gouverneur de la province du Limbourg (photo) se sont entretenus une première fois pour discuter des mesures nécessaires pour protéger la zone, après que les fouilles menées dans un important périmètre du parc national de la Haute Campine n'aient donné aucun résultat la nuit dernière. Le parquet fédéral devait également se réunir ce vendredi afin d'examiner les mesures à prendre dans le cadre de l'enquête sur le militaire radicalisé en fuite.

Le porte-parole du parquet fédéral Eric Van Duyse indiquait ce vendredi matin : "Le fait qu'il n'ait pas été retrouvé ne signifie pas nécessairement qu'il n'est pas ou n'était pas dans la région. Tous les éléments de l'enquête sont maintenant analysés et nous allons décider des prochaines mesures à prendre. Toutes les pistes sont ouvertes, nous n'excluons rien."

Le gouverneur limbourgeois Jos Lantmeeters
Belga

Défense : une enquête interne pour détecter d’éventuelles "'erreurs"

Une enquête interne a été lancée au sein de la Défense pour mettre en évidences d'éventuelles "lacunes" dans le fonctionnement de ses services dans le cadre de l'affaire de Jürgen Conings, déclarait jeudi soir le "patron" de l'armée, l'amiral Michel Hofman (photo, à g.), alors que la traque du fugitif se poursuivait dans la région de Maasmechelen avec des moyens policiers - notamment venus en renfort des Pays-Bas, du Luxembourg et d'Allemagne -, ainsi que militaires (de l'ordre de 150 personnes).

L'enquête a été confiée à l'Inspecteur général de la Défense, le général-major Peter Devogelaere, a ajouté l'amiral Hofman, qui souhaite disposer des résultats "au plus vite", sans vouloir préjuger des conclusions. Selon le chef de la Défense (Chod), cette enquête doit "mettre le doigt sur des lacunes ou des dysfonctionnements" au sein des Forces armées.

Jürgen Conings, un ancien fantassin devenu policier militaire puis affecté à une autre fonction à la suite d'une sanction à Bourg-Léopold (Limbourg) est recherché depuis mardi soir, ce qui a conduit à la découverte de sa voiture abandonnée près du village de Niel-bij-As, avec à l'intérieur quatre lance-roquettes antichar LAW 72 et des munitions - sans doute volés dans un dépôt auquel il avait accès.

Les recherches sur la voiture du militaire ont en outre montré l'existence d'un mécanisme suspect, a annoncé ce vendredi après-midi le parquet fédéral dans un communiqué. "Le rapport technique destiné à en connaitre les effets potentiels, est encore attendu", souligne le parquet.

Selon la ministre de la Défense, Ludivine Dedonder (photo, à dr.), le militaire a été, partir de 2019, progressivement repéré par le Service général de Renseignement et de Sécurité, notamment pour sa proximité avec des mouvements d'extrême droite. Des propos racistes sur Facebook lui ont valu une plainte émanant de l'état-major auprès de la police. Le dossier a été classé sans suite mais l'homme n'a pas échappé à une sanction interne, à savoir quatre jours d'arrêts simples. L'enquête interne menée par la Défense, en parallèle à une enquête judiciaire dirigée par le parquet fédéral, doit permettre de "tirer les bonnes conclusions" et de "prendre les bonnes mesures", a assuré l'amiral Hofman.

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