Van Quickenborne : "Conings s’est caché 2 heures lundi près d'une cible", VRT NWS apprend qu’il s’agit de Van Ranst

Le ministre de la Justice Vincent Van Quickenborne (photo archives) a indiqué ce vendredi après-midi à la presse que le militaire recherché depuis mardi et considéré comme dangereux, Jürgen Conings, "était près d'une cible lundi soir pendant deux heures". Ni le ministre ni son cabinet n'ont confirmé que cette cible était le virologue Marc Van Ranst - qui fait l’objet d’une protection avec sa famille depuis plusieurs jours -, mais VRT NWS a pu obtenir cette information de source fiable. Le virologue l'a lui-même confirmé par la suite à notre rédaction (lire son témoignage en fin d'article). 

Van Quickenborne a également précisé que la voiture du militaire retrouvée mardi près du parc national Haute Campine contenait non seulement des armes lourdes, mais avait aussi été piégée. Le ministre de la Justice souligne que le militaire figure donc à juste titre sur la liste des terroristes potentiels établie par l'Organe de coordination pour l'analyse de la menace (Ocam). Le parquet fédéral a confirmé qu’une d’instruction est maintenant ouverte pour "tentative de meurtre dans un contexte terroriste et détention d’armes interdites dans un contexte terroriste".

C’est donc déjà depuis lundi soir que les grands moyens sont mis en œuvre par la police, l’armée et la justice pour retrouver le militaire de 46 ans qui a menacé de s’en prendre notamment à l’armée et des personnalités, comme le virologue Marc Van Ranst. Il reste introuvable mais serait en possession d’armes. Les recherches se concentrent depuis mardi sur le parc national Haute Campine, en province du Limbourg, mais deux passages au peigne fin d’un périmètre de 20 km n’ont toujours pas permis de retrouver Jürgen Conings.

Entretemps, le ministre de la Justice Vincent Van Quickenborne annonçait ce vendredi après-midi que "l’enquête judiciaire a révélé que le militaire recherché n’a pas agi de façon impulsive. Il s’est préparé pendant plusieurs jours. C’est quelqu’un qui est sur la liste des terroristes de l’Ocam. Il est réellement très dangereux".

"Il est ainsi apparu qu’après sa disparition lundi soir, il a guetté pendant deux heures dans le quartier d’une cible, avant de faire demi-tour". Van Quickenborne ne voulait pas indiquer de quelle cible il s’agissait, mais VRT NWS a appris de source fiable qu’il s’agissait effectivement du virologue louvaniste Marc Van Ranst. Ce dernier a été placé depuis mardi à une adresse secrète, avec sa famille.

"Le jour suivant, la voiture de Jürgen Conings a été retrouvée. L’enquête a révélé qu’elle avait été piégée", précisait encore le ministre de la Justice. Des armes de guerre ont été retrouvées à bord de cette voiture, avec lesquelles le militaire aurait eu l’intention de faire des victimes. "C’est quelqu’un de très dangereux qui veut faire usage de violence contre la société et des citoyens".

A l’attention de milliers de Flamands qui ont exprimé leur soutien à Jürgen Conings via les réseaux sociaux, Vincent Van Quickenborne déclarait : "Je pense qu’il est bon d’expliquer de qui il s’agit exactement. C’est le seul militaire qui figure sur la liste terroriste de l’Ocam. On n’est pas placé rapidement sur cette liste. Les extrémistes djihadistes de l’Etat Islamique y sont également repris. Il s’agit donc du type de personne qui représente un danger pour la société et pour la sécurité des citoyens".

Pas de rehaussement général du niveau de la menace

Après concertation avec le Centre fédéral de crise, la ministre de l’Intérieur Annelies Verlinden (photo) a également brièvement commenté l’enquête judiciaire en cours. "L’homme a exprimé de mauvaises intentions dans les lettres d’adieu qu’il a laissées. Il n’y a pas lieu de paniquer, mais nous devons rester prudents".

A l’heure actuelle, aucune mesure spéciale de sécurité n’est prise pour les riverains du parc national Haute Campine où le militaire se cacherait probablement encore. "Le niveau général de la menace n’est pas rehaussé", précisait la ministre Verlinden. Celui concernant Jürgen Conings est par contre passé à 4, le plus haut niveau de menace.

Van Ranst: “Bien sûr que je savais que Conings se trouvait devant ma porte"

Le virologue Marc Van Ranst (photo) est la "cible" mentionnée par le ministre de la Justice, guettée pendant deux heures lundi soir par le militaire en fuite. Il l’a confirmé lui-même à VRT NWS. "Bien sûr que je savais que Jürgen Conings était devant ma porte lundi soir. C’est l’une des raisons pour lesquelles la police a immédiatement pris très au sérieux les menaces qu’il avait exprimées". Van Ranst ne précisait pas devant laquelle de ses deux résidences le militaire le guettait.

Mais le virologue et ses proches ont immédiatement été placés dans un endroit sûr par la police. Ils y demeurent encore à l’heure actuelle. Van Ranst, qui avait déjà déclaré qu’il ne se laissait pas intimider par les menaces qu’il avait reçues, indiquait à VRT NWS que sa situation est bonne. "C’est un peu la même chose que de rester chez soi, en confinement".

Le virologue indique continuer à travailler depuis ce refuge, et sa famille reste aussi calme que lui. "Ne me comprenez pas mal : c’est une situation très ennuyante, mais ce n’est certainement pas la fin du monde".

Marc Van Ranst précise que ses proches et lui n’ont pas peur. "Nous sommes dans une maison sécurisée, dont la surveillance est pour le moins impressionnante. Pourquoi aurions-nous peur ?".

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