La menace qui a fait évacuer le bâtiment anversois de DPG Media émanait de l'extrême-droite néerlandaise

La menace à l'encontre du bâtiment de DPG Media à Anvers ne venait pas de sympathisants du militaire fugitif Jürgen Conings mais de l'organisation néerlandaise Dutch Anonymous Freedom Fighters. C’est ce qu’a affirmé le journaliste Faroek Özgünes, lundi soir dans le journal télévisé de la chaîne commerciale flamande VTM. Celle-ci avait été forcée de présenter son JT de 19h depuis un studio de fortune à Vilvorde. La police néerlandaise aurait averti ses collègues belges de la menace. Entretemps, le bâtiment a été rouvert.

DPG Media édite notamment les quotidiens De Morgen et Het Laatste Nieuws. Le groupe a également dans son giron la chaîne de télévision commerciale flamande VTM. D’après le journaliste Faroek Özgünes, il s'agit d'un groupe d'extrême droite qui devait envoyer une équipe de commandos à DPG Media et qui voulait placer un colis piégé dans ou près du bâtiment du groupe de médias à Anvers. La police a fait évacuer le bâtiment lundi en fin d’après-midi et a effectué un ratissage, mais celui-ci n'a rien donné.

Les lieux ont ensuite été libérés, mais une surveillance policière est en place sur le site. Il n'est en effet pas exclu qu'il y ait toujours une menace venant de l'extérieur.

Le motif des auteurs n'est pas clair dans l'immédiat mais, d'après le journaliste flamand Özgünes, il pourrait y avoir un lien avec la menace proférée à l'encontre du virologue Marc Van Ranst. Il est possible que ces Freedom Fighters aient voulu savoir, par l'intermédiaire de DPG Media, à quelle adresse l'intéressé avait été mis en sécurité.

Marc Van Ranst est également en train de devenir une figure bien connue aux Pays-Bas après s'être confronté à un négationniste néerlandais du coronavirus sur Twitter la semaine dernière.

Le bâtiment anversois a été rouvert

Le bâtiment de DPG Media, situé à côté de la gare centrale d'Anvers, a été rouvert après avoir été fouillé. Il avait été évacué à la suite d'une lettre de menace arrivée vers 17h30, a indiqué la police locale. Le cordon de sécurité autour du bâtiment a lui aussi été levé en soirée.

L'évacuation du bâtiment anversois avait obligé VTM à diffuser son journal télévisé de 19h, lundi, d'un studio d'urgence dans ses anciens locaux à Vilvorde. Le présentateur Dany Verstraeten y était assis à une petite table, devant un ordinateur.

"Inquiétant"

Le ministre flamand des Médias, Benjamin Dalle (photo), a qualifié l’incident d’"information inquiétante" via le réseau social Twitter. "Les menaces à l’encontre de journalistes ne peuvent jamais être acceptées. Beaucoup de courage aux personnes qui travaillent chez DPG Media", écrivait le ministre Dalle.

A l’heure actuelle, aucun lien direct n’est suspecté entre les menaces à l’encontre de DPG Media et l’enquête sur la disparition du militaire Jürgen Conings, aux sympathies d’extrême-droite. L’homme est recherché depuis une semaine, y compris au niveau international.

L’évacuation du bâtiment dans la métropole est un dossier géré par le parquet anversois, tandis que l’enquête sur Jürgen Conings est aux mains du parquet fédéral.

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