Foto: Belga

Incendie au domaine de Brecht : Demir met la Défense en demeure

La ministre flamande de l’Environnement, Zuhal Demir (N-VA), a mis la Défense en demeure d'assumer tous les coûts liés à l'incendie qui a ravagé une partie du domaine militaire de Brecht, en province d'Anvers, le 23 avril dernier. VRT NWS a en effet révélé ce vendredi que l’incendie qui avait fait suite à un exercice de tir dans la réserve naturelle et le domaine militaire de Groot Schietveld à Brecht et Wuustwezel serait dû à l’utilisation de munitions au phosphore, alors qu’elles étaient interdites à ce moment-là en raison d’une sécheresse "code jaune". La VRT se base pour cela sur diverses sources militaires anonymes.

L’incendie a détruit 570 hectares de nature il y a un peu plus d’un mois. Avec une superficie totale d'environ 1.500 hectares, le Groot Schietveld abrite l'une des plus grandes populations de vipères d'Europe, ainsi que de nombreuses espèces animales et végétales vulnérables.

Selon des sources militaires anonymes relayées par la VRT, il serait dû à l'utilisation de munitions au phosphore. Pareilles munitions se trouvaient effectivement dans les boites à cartouches des mitrailleurs Minimi. Il n’est pas clair comment elles y sont arrivées, plutôt que des munitions sans phosphore. Il se pourrait que des munitions erronées aient été livrées ou emmenées du dépôt de munitions. Un officier supérieur a confirmé à VRT NWS qu’il y aurait effectivement eu un ordre de ne pas utiliser pareilles munitions le 23 avril.

Mais les versions à ce sujet divergent. Et il n’est pas certain que cet ordre ait effectivement été suivi. Au moment de l’exercice de tir, le code incendie était au jaune, "ce qui signifie qu’on ne peut utiliser des munitions au phosphore", indiquait quelqu’un proche du dossier. Elles risquent en effet bien davantage de causer un incendie.

Les codes incendie sont établis par un officier de la Défense. Ce dernier se base sur les prévisions météorologiques de Meteowing et sur les informations des pompiers locaux. L’officier utilise un index de mise en garde en matière d’incendie pour évaluer les risques en fonction des exercices militaires prévus. Bizarrement, "les militaires impliqués dans l’exercice de tir pensaient que le code vert était d’application le 23 avril", indiquait un autre militaire au journaliste Jens Franssen.

Il y a donc eu un problème de communication interne au moment de l’exercice, alors que la nature était très sèche après une longue période sans pluie.

Foto: Wim Dirckx

“Pas de réponse de la part de la Défense"

La ministre flamande de l’Environnement dit avoir pris contact avec sa collègue fédérale de la Défense, Ludivine Dedonder (PS), immédiatement après l’incendie pour s'assurer de la participation de l'armée à l'enquête sur les causes du sinistre et à la restauration du site, mais n'avoir jamais reçu de réponse. "Cela montre un grand manque de sens des responsabilités et de respect pour les nombreuses personnes sur le terrain", a estimé Zuhal Demir (photo). Raison pour laquelle elle met la Défense en demeure.

"Il existe des protocoles en matière d’incendie entre l’Agence flamande pour la Nature et les Forêts et la Défense, dans lesquels figure clairement ce qui est autorisé et ce qui ne l’est pas, certainement par code jaune. Aussi à Brecht. Ces protocoles doivent bien entendu être suivis". "L’information communiquée ce vendredi par la VRT fait penser que cela n’a pas été le cas. Il est en plus inquiétant que pareille information soit donnée plus rapidement par une rédaction de média que la Flandre ne la reçoit de la ministre fédérale de la Défense. Des questions subsistent, quelles que soient les mesures que la ministre prendra pour éviter que pareil drame se répète à l’avenir", estime Zuhal Demir.

Le lieutenant-général et vice chef d’état-major de la Défense, Marc Thys, avait déjà exprimé publiquement sa volonté de collaborer et d’aider à la restauration de la zone naturelle détruite par les flammes. "Mais cet engagement n’a pas encore été confirmé par la ministre de la Défense", constatait Zuhal Demir.

La ministre flamande souligne que les collaborateurs de l’Agence flamande pour la Nature et les Forêts travaillent en général très bien avec les représentants locaux de la Défense. "Plusieurs de nos plus beaux et plus riches domaines naturels en Flandre se situent sur des domaines militaires. Les bonnes intentions que nous voyons sur le terrain doivent servir d’exemple à la ministre et aux supérieurs de la Défense", concluait Zuhal Demir.

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