Incitation à la haine ou entrave à la liberté d’expression ? La N-VA et le Belang sur la même longueur d’onde

La N-VA et le Vlaams Belang ont exprimé leur inquiétude face à la condamnation de quatre membres de l’organisation flamande de droite radicale, Voorpost. En mai 2020, ces derniers avaient brandi une bannière "Stop à l’islamisation" et distribué des pamphlets contre "l’islamisation de la société". Ils ont dans ce cadre été condamnés la semaine dernière par le tribunal correctionnel de Malines pour incitation à la haine et à la violence. Mais pour les deux partis flamands, une limite a été dépassée. 

Aux yeux de la N-VA et du Vlaams Belang, cette condamnation constitue un dangereux précédent. "Mon interprétation de la liberté d’expression est celle-ci : on peut tout dire, la limite étant celle de l’incitation à la violence", a réagi le président du parti flamand d’extrême droite, Tom Van Grieken, sur le plateau de l’émission dominicale de la VRT, ‘De Zevende dag’. "Je trouve que c’est une pente glissante que d’assassiner ainsi la liberté d’exprimer une opinion", rajoute-t-il. 

De son côté, le président de la N-VA décèle une tendance vers "des opinions toujours plus punissables". "Qu’est-ce que c’est, la haine ? C’est tout à fait subjectif", estime Bart De Wever. "Nos droits et nos libertés fondamentales servent à protéger les citoyens des autorités, et non à protéger les autorités des citoyens. C’est une évolution très dangereuse". "La haine n’est pas un crime, j’ai le droit de haïr", poursuit-il. Et d’ajouter: "personnellement, je hais le communisme, je hais Hitler, ce n’est pas interdit. Ce qui est punissable, c’est la violence".  

Je ne suis pas d'accord avec les gens qui poussent à un affrontement avec l'ensemble de l'Islam, mais on ne poursuit pas une opinion devant les tribunaux.

Bart De Wever, président de la N-VA

D’après Bart De Wever, les opinions n’ont cessé d’être de plus en plus sanctionnées ces 40 dernières années. Tout comme Tom Van Grieken, le chef des nationalistes flamands estime que seule la violence est passible de condamnation.

Cette semaine, lors d’une intervention à la Chambre, le Premier ministre Alexander De Croo a rappelé que les discours de haine n’étaient pas une opinion dans notre pays. "Les discours de haine sont punissables. Inciter à l’intolérance envers des gens, sur base de leur origine, de leur religion, et plus récemment sur base d’être virologue, c’est punissable, et c’est une bonne chose", avait-il lancé.

Lors de la prononciation de la peine par le tribunal correctionnel de Malines, Bart De Wever n’avait pas tardé à réagir sur Twitter : "Je ne suis pas d'accord avec les gens qui poussent à un affrontement avec l'ensemble de l'Islam, mais on ne poursuit pas une opinion devant les tribunaux", avait-t-il publié.

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