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Brussels Airport fera payer les avions polluants jusqu'à 20 fois plus cher

L’aéroport international de Zaventem souhaite profiter de la reprise pour accélérer son verdissement. Brussels Airport veut ainsi faire payer jusqu'à 20 fois plus les anciens appareils (aussi plus polluants) que les nouveaux avions, a déclaré ce mardi son patron Arnaud Feist. Le CEO plaide également pour plus de liaisons ferroviaires vers l'aéroport.

La pandémie de Covid-19 a lourdement touché le plus grand aéroport du pays. En 2020, il enregistrait une perte nette de 147 millions d’euros. « C’est gigantesque, mais étant donné les circonstances, c’est encore acceptable », estime son CEO. "Mais chaque crise représente également une opportunité", poursuit Arnaud Feist. "Nous ne voulons pas un retour à la normale. Nous y voyons une opportunité de faire les choses différemment."

L'aéroport veut faire de la durabilité l'un de ses chevaux de bataille. Les tarifs imposés par Brussels Airport aux compagnies aériennes sont pour cela un bon levier, estime Arnaud Feist. Les nouveaux tarifs auraient dû entrer en application cette année, mais ont finalement été repoussés à 2023.

En 2016, l'aéroport avait déjà décidé de faire payer trois fois plus cher les gros pollueurs (sur base des émissions de CO2 et des nuisances sonores). "Nous ne sommes pas autorisés à interdire un certain type d'avions, mais nous pouvons rendre cela si cher que ça pourra décourager les compagnies de venir avec des vieux appareils à Brussels Airport. Elles ont été prévenues il y a quelques années, et si le régulateur donne son accord, nous débuterons en 2023."

A terme, l’aéroport de Zaventem pourrait ainsi faire payer 20 fois plus cher les plus gros pollueurs par rapport aux avions les plus modernes et écologiques.

Davantage de liaisons ferroviaires ?

Arnaud Feist (photo archives) plaide également en faveur de plus de liaisons ferroviaires vers et depuis Brussels Airport. "Nous avons besoin de plus de liaisons à grande vitesse", estime-t-il. "Nous n'en avons plus pour l'instant, et je trouve cela dommage. Il en faudra pour compenser la disparition des très courts vols. Les autres aéroports en disposent déjà."

Arnaud Feist fait notamment référence aux trains à grande vitesse accessibles depuis les gares des aéroports d'Amsterdam, Paris ou de villes allemandes. Une liaison Thalys avec Paris existait auparavant, mais elle a été supprimée il y a quelques années par manque de rentabilité.

Le CEO de Brussels Airport souhaite également maintenir la connexion ferroviaire existante avec Amsterdam, qui serait menacée. "Il y a des discussions en cours entre les chemins de fer belges et néerlandais pour éventuellement remplacer la liaison Brussels Airport-Amsterdam par une connexion avec Rotterdam. C'est beaucoup moins intéressant pour nous. Amsterdam est le cœur économique et touristique des Pays-Bas."

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