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Canon sonore contre les réfugiés en Grèce : "Un système pour les insectes, pas pour les gens", estime Sammy Mahdi

Le secrétaire d'État à l'Asile et la Migration, Sammy Mahdi (CD&V), s'est inquiété jeudi de l'utilisation à la frontière gréco-turque de "technologies modernes telles qu'un canon sonore pour dissuader les migrants et les réfugiés". "Je connais ce genre de systèmes qui sont utilisés pour les insectes. Mais les utiliser sur des gens, c’est un pas trop loin", a-t-il dénoncé au micro de la VRT.

Le fait que la Grèce teste à sa frontière externe de nouvelles technologies pour empêcher ou dissuader les passages clandestins depuis la Turquie est revenu dans l'actualité cette semaine, avec par exemple l'utilisation d'un "canon sonore".

L'agence Associated Press y a notamment consacré un reportage paru lundi, qui a entrainé de nombreuses réactions politiques.  On n'y parle pas seulement du fameux canon à son, installé sur un blindé et dirigé vers la Turquie, mais aussi d'un nouveau "mur de métal" le long de la rivière Evros ainsi que de tours d'observation équipées de caméras longue distance et à vision nocturne, et de détecteurs en tous genres, dont les données sont traitées par intelligence artificielle.  

"Protéger les frontières, et les valeurs humaines"

"Je suis tout à fait favorable à la garde des frontières européennes, mais encore plus à celle des valeurs européennes. L'objectif n'est pas de dissuader tous les migrants, mais de mieux contrôler la migration. Cela peut et doit se faire de manière humaine", a souligné Sammy Mahdi. 

Le secrétaire d'État "enverra une lettre à la Commission européenne pour lancer un débat plus large sur la protection des frontières extérieures et les valeurs humaines". 

Un dossier épineux

Sous la houlette de la commissaire Ylva Johansson, qui a proposé un nouveau "pacte" en septembre dernier, les 27 essayent en effet de s'accorder, mais avec difficulté, sur une manière de gérer de manière plus équitable les populations qui tentent d'entrer en Europe pour y demander l'asile.

Actuellement, quasi toute la charge repose exclusivement sur les pays d'entrée, aux premiers rangs desquels les pays comme la Grèce, l'Italie ou l'Espagne. À ce dossier hautement explosif viennent s'ajouter les multiples accusations de traitements dégradants des migrants et de "refoulements" illégaux aux frontières externes de l'UE, non seulement dans le chef des forces nationales mais aussi de l'agence européenne de garde-frontières et de garde-côtes Frontex.

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