Les cyclistes subissent encore beaucoup d’agressivité à Bruxelles

Depuis le début de la crise sanitaire et afin d'offrir plus d'espace aux cyclistes, de plus en plus nombreux à Bruxelles, trente-huit kilomètres de nouvelles "pistes cyclables" ont été créées dans la capitale. Les cyclistes bruxellois apprécient cet effort, mais le vélo reste néanmoins dangereux à certains endroits. Cela tient à l'infrastructure, mais aussi à la mentalité sur la route. "Les cyclistes bruxellois subissent encore beaucoup d'agressions", déclare le professeur Bas de Geus (VUB).

L'infrastructure cyclable de Bruxelles reste à la traîne par rapport à la Flandre, et les médias locaux ont fait état de tensions croissantes entre associations de cyclistes et d'automobilistes à l'automne 2020. Mais à quel point les cyclistes bruxellois se sentent-ils en danger dans le trafic à Bruxelles ? Et à quel point ces témoignages d’agression sont-ils représentatifs ? Tel est l'objectif d'une enquête réalisée par la VUB et la VRT NWS.

Plus en sécurité qu'en Flandre ?

Un cycliste bruxellois sur cinq dit se sentir plus en sécurité qu'auparant. Il s'agit d'une différence majeure par rapport à la Flandre, où ce n'est le cas que pour un cycliste sur quatorze.

La capitale est-elle en train de rattraper son retard. Pourquoi les cyclistes de Bruxelles se sentent-ils plus en sécurité ? L'enquête ne donne pas de réponse définitive à cette question. Il apparaît cependant qu'une grande majorité des cyclistes bruxellois interrogés (71,3 %) a remarqué l'ajout de nouvelles pistes cyclables. Et une bonne infrastructure est une condition préalable pour que les cyclistes enfourchent leur vélo.

La ministre bruxelloise de la Mobilité et de la Sécurité routière Elke Van den Brandt (Verts) le souligne également. "L'insécurité est la principale raison pour laquelle les gens ne font pas de vélo à Bruxelles. C'est pourquoi nous avons créé 40 kilomètres de pistes cyclables supplémentaires : juste pour montrer aux cyclistes que nous y œuvrons."
 

L’agressivité verbale au volant reste un problème

Une grande partie de cette nouvelle infrastructure cycliste se limite à un coup de peinture sur le sol. Et selon les associations de cyclistes, cela ne suffit pas à faire de Bruxelles une ville réellement sûre pour les cyclistes. De plus, outre l'infrastructure, il y a aussi un problème de mentalité sur la route.

"Le cycliste bruxellois subit beaucoup d'agressions", estime Bat de Geus. "Soixante-dix pour cent des cyclistes bruxellois indiquent avoir subi une agression verbale de la part d'autres usagers de la route au moins une fois par mois au cours du second semestre de 2020. Nous avons également posé des questions des agressions physiques, mais heureusement, c'est assez rare."
A Bruxelles, les automobilistes sont la principale cause de cette agression verbale. Chez les cyclistes flamands, il s'agit aussi plus souvent des automobilistes que d'autres cyclistes. Cette situation est conforme aux études internationale. Dans des villes cyclistes comme Amsterdam ou Copenhague, les cyclistes se heurtent plus souvent les uns aux autres qu'aux autres usagers de la route. Là où il y a moins de cyclistes, la situation est différente.

Les cyclistes prennent eux-mêmes plus de risques

Dans l'enquête, le cycliste bruxellois reconnaît qu'il n'était pas un saint non plus. Par rapport aux cyclistes flamands, les cyclistes bruxellois indiquent plus souvent qu'ils enfreignent les règles du code de la route, font des erreurs dans la circulation et ont un comportement à risque. Ce comportement a même augmenté en 2020, alors qu'il n'a pas augmenté en Flandre.

Une remarque toutefois : ce n'est pas comme si les cyclistes bruxellois considéraient la ville comme une sorte de piste pour cascadeurs. La plupart des cyclistes ont déclaré qu'ils ne pratiquaient "jamais" ou "rarement" d'incivilités.
 

Une enquête réalisée auprès de 724 cyclistes bruxellois

En novembre et décembre 2020, la VUB et la VRT NWS ont distribué un questionnaire aux cyclistes flamands et bruxellois. Ils ont été interrogés sur leurs expériences sur la route au cours des six derniers mois. La recherche a été menée par le professeur Bas de Geus (VUB). L'enquête a été complétée par 724 participants bruxellois et 593 flamands. Dans cet article, nous nous concentrons sur les résultats de Bruxelles. Les résultats ne sont bien sûr pas représentatifs de tous les habitants de Bruxelles (cyclistes et non cyclistes), mais donnent une image fiable du cycliste bruxellois.

Belga
Sabine Joosten

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