Des chambres de traitement de la toxicomanie pour l'ensemble du pays

La chambre de traitement de la toxicomanie de Gand (CTT), une chambre du tribunal de première instance qui se concentre non seulement sur les infractions commises mais aussi sur les problèmes sous-jacents, va être étendue à l'ensemble du pays. "Vous ne pouvez pas tout résoudre avec des sanctions, nous devons également aider les toxicomanes à se débarrasser de leur problème. Nous prévoyons de débloquer chaque année 4,6 millions d'euros pour développer l'expérience gantoise dans tous les tribunaux correctionnels", a indiqué ce mardi le ministre de la Justice Vincent Van Quickenborne (photo, à g.) lors d'une visite à la CTT de Gand, en Flandre orientale.

La chambre de traitement de la toxicomanie a été mise sur pied à Gand en 2008. Deux magistrats gantois, Jorn Dangreau et Annemie Serlippens, ont effectué un voyage aux États-Unis en 2007 pour y étudier le fonctionnement des "Drug Treatment Courts".

Dans le projet gantois, le juge et le ministère public sont tous deux spécialisés dans la législation en matière de drogue et l'assistance est disponible. Les dossiers dans lesquels le prévenu est un usager problématique et l'addiction à l'origine des faits sont centralisés au sein de la CTT. Concrètement, si le prévenu s'inscrit dans le programme d'aide et que son parcours se déroule bien, le tribunal peut en tenir compte lors de la sanction. Par contre, si le prévenu ne répond pas au programme d'aide ou abandonne, le juge recourt alors à l'arsenal classique des sanctions, comme la peine de prison ou l'amende.

Une étude de l'Université de Gand réalisée datant de 2009 a montré que la chambre de traitement de la toxicomanie est une réussite, précise le cabinet du ministre de la Justice. "Un programme d'aide est mis en place dans près de 70% des dossiers introduits devant la chambre de traitement de la toxicomanie. Dans environ la moitié des cas, ce programme connaît une issue positive et les conditions imposées par le tribunal sont respectées".

"Le risque de récidive diminue chez 80% des prévenus qui suivent le programme. Trois sur quatre ne récidivent pas au cours des 18 premiers mois et un quart des prévenus commet moins d'infractions qu'auparavant."

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