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La douane n'avait jamais intercepté autant de cocaïne au port d'Anvers

Au cours des cinq premiers mois de cette année, la douane a intercepté deux fois et demie plus de cocaïne à Anvers qu’à la même période l'an passé. Cette année, déjà 54,5 tonnes du stupéfiant ont été découvertes, alors que le record de saisie en un an a été franchi l'an passé avec 65,5 tonnes au total.

Les chiffres étaient présentés ce mercredi lors d'une conférence de presse en présence du ministre des Finances Vincent Van Peteghem (CD&V). "Grâce à l'échange d'informations entre les services de sécurité, nous pouvons présenter de tels résultats", se réjouissait le ministre. "De la sorte nous laissons moins d’opportunités aux criminels".

Ces chiffres sont particulièrement élevés cette année en raison du démantèlement du réseau de communications Sky. L'opération a permis aux services de l'ordre de mettre la main sur 27 tonnes de cocaïne à Anvers, pour une valeur estimée à 1,4 milliard d'euros. Dans la nuit du 2 au 3 avril, les policiers ont même réalisé une saisie record de onze tonnes en un seul chargement.

Il est toutefois difficile d'évaluer quelle quantité de cocaïne transite par le port belge, car les saisies ne reflètent qu'une fraction du trafic.

Plaque tournante de la cocaïne et de l'héroïne en Europe

La Belgique, principalement via le port d'Anvers, reste l'indiscutable plaque tournante de la cocaïne et de l'héroïne en Europe, si l’on en croit aussi les chiffres des saisies de 2019 compilés dans le rapport annuel de l'Observatoire européen des drogues et des toxicomanies (EMCDDA).

En 2019, quelque 65 tonnes de cocaïne et 1,9 tonne d'héroïne ont été interceptées en Belgique, soit respectivement 30 et 24% des prises dans l'Union européenne. Le Royaume peut aussi se prévaloir d'avoir mis la main sur 11,5% de la marijuana (17 tonnes), 10% de la MDMA (400.000 tablettes) ou encore 6% des amphétamines (1 tonne).

Avec les mesures liées à la pandémie, les trafiquants ont été amenés à diversifier leurs routes, relève l'Observatoire. Le cannabis et l'héroïne ont ainsi davantage pris la mer, favorisant les saisies dans les ports comme celui d'Anvers. Avec Hambourg, la métropole a par ailleurs encore démontré son importance comme point d'entrée de la cocaïne sur le continent à la fin de l'année dernière et au début de 2021, note l'EMCDDA.

La Belgique n'est cependant pas en reste concernant la production, comme en témoignent les substantielles saisies de produits chimiques utilisés pour la transformation de l'héroïne et de la cocaïne, ou encore les démantèlements de laboratoires de méthamphétamine, de MDMA, de GHB et d'autres nouveaux psychoactifs.

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