Retour des demandeurs d’asile déboutés : le projet de "droit de visite" ne passe pas

Le conseil des ministres restreint (kern) n'a pas pu s'accorder ce vendredi matin sur un avant-projet de loi "asile et migration" porté par le Secrétaire d'État démocrate-chrétien Sammy Mahdi. Ce dernier propose notamment une interdiction légale de la détention d'enfants expulsés, un test de dépistage au coronavirus obligatoire pour les personnes en séjour illégal et une loi moins rigide sur les permis de séjour. Le volet "droit de visite" de la police chez des sans-papiers a en effet été recalé par le PS, Ecolo et Groen.

Le projet présenté par le Secrétaire d'État à l'Asile et la Migration vise une interdiction légale de la détention d'enfants expulsés, un test de dépistage au coronavirus obligatoire pour les personnes en séjour illégal et une loi moins rigide sur les permis de séjour. Il contient également la possibilité d'un "droit de visite". Cette disposition permettrait à la police d'entrer dans une maison où séjournent des sans-papiers qui refusent obstinément de quitter le territoire.

C'est ce volet du projet de loi qui fait l'objet d'un blocage au kern. "#no pasaran" (Ils ne passeront pas), a immédiatement tweeté le vice-Premier ministre Ecolo Georges Gilkinet avant d'entrer en réunion, annonçant d'ores et déjà son opposition. Le PS s'oppose aussi fermement à ce projet. "Le vice-Premier ministre Pierre-Yves Dermagne a fortement bataillé", indiquait-on à son cabinet. "C'est hors de question".

D'autres partis ont par contre réitéré leur confiance en Sammy Mahdi. "Il est important de travailler à une politique ferme et humaine. Le Secrétaire d'État s'attelle à des propositions équilibrées", glissait une autre source à l’agence Belga.

C'est la première fois que le dossier arrivait sur la table du kern, a-t-on rappelé. L'objectif n'est pas de s'enfermer dans un agenda. Sammy Mahdi (photo) estime que cette loi ne devrait être utilisée que pour la petite minorité qui se trouve en fin de procédure, mais qui a déjà manifestement refusé de repartir. "Les demandeurs d’asile déboutés doivent être mieux accompagnés". Le pays d'origine doit également accepter pleinement de recevoir à nouveau la personne en séjour illégal.

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