L'économie belge devrait croître de 5,5% et retrouver fin 2021 son niveau pré-Covid

La reprise économique post-Covid plus rapide et plus forte que prévu a également pour conséquence qu'"il va falloir se reconcentrer plus tôt que prévu sur les enjeux structurels" auxquels fait face la Belgique, comme le climat ou le taux d'emploi, a estimé lundi le gouverneur de la Banque nationale de Belgique (BNB), Pierre Wunsch.

Les principaux défis structurels de la Belgique sont son taux d'emploi toujours trop bas (l'objectif ambitieux est d'atteindre 80%), une hausse trop faible de la productivité, le vieillissement de la population mais aussi la question climatique. "Un des domaines dans lequel il y a le plus à faire et pour lequel c'est le plus compliqué", juge le gouverneur de la Banque nationale, qui reconnaît qu'il n'existe "pas de recette miracle" à ces enjeux.

La croissance économique en Belgique est attendue à +5,5% en 2021 et +3,3 en 2022, un rythme très soutenu qui permettra de stabiliser la dette publique (en termes relatifs par rapport au produit intérieur brut, PIB) malgré un déficit public très élevé attendu en 2021 (-6,8% du PIB) et 2022 (-4% du PIB) en raison toujours des effets de la crise sanitaire qui a littéralement plombé les finances publiques en 2020 (déficit de 9,4% du PIB).

"Il va falloir, à un moment donné, réduire le déficit public afin de disposer à nouveau de marges de manœuvre lorsqu'une nouvelle crise se produira. Il faudra mener une politique budgétaire plus stricte mais pas trop rapidement", pour ne pas fragiliser la croissance, préconise Pierre Wunsch. Il faudrait ramener le déficit public à 3,5% du PIB pour stabiliser la dette publique à long terme. Avec, à politiques inchangées, un déficit attendu à -4% du PIB en 2022 et -4,5% en 2023, cela ferait un point de pourcentage d'effort à réaliser sur ce plan.

"L'effort à faire n'est pas gigantesque, mais il faudra aller dans cette direction. Si on ne le fait pas, la prochaine crise, le prochain choc ne nous permettra pas de mener une politique budgétaire contracyclique (c'est-à-dire des mesures visant à atténuer les effets d'une crise économique, NDLR)."

Cette première étape est faisable d'ici la fin de la législature, estime le gouverneur, pour qui l'objectif à moyen terme reste un retour à l'équilibre budgétaire. Une tâche particulièrement ardue qui incombera sans doute au gouvernement issu de la législature suivante.

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