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AP2009

Mise en garde de Pékin : Sophie Wilmès défend l'indépendance du Parlement belge

La ministre des Affaires étrangères Sophie Wilmès (MR) a défendu mercredi l'indépendance et les libertés de réflexion et d'expression du Parlement belge, face à la mise en garde par Pékin d'une possible dégradation des relations bilatérales entre les deux pays. Quant au député Samuel Cogolati (Ecolo-Groen), il n'entend pas faiblir face aux injonctions de Pékin.

La Chine a proféré cette mise en garde par la voix d'un porte-parole de sa diplomatie, après le vote en commission de la Chambre dénonçant "un risque sérieux de génocide" au Xinjiang, où la minorité musulmane ouïghoure est persécutée, selon les organisations de défense des droits humains.

"Dans tous nos contacts avec les autorités chinoises, moi-même, mon cabinet, le SPF Affaires étrangères, nous soulignons toujours l'importance des droits humains et nos inquiétudes sur la situation au Xinjiang, mais aussi à Hong Kong", a commenté la cheffe de la diplomatie belge, actuellement en visite officielle en Grèce.

"Je l'ai encore fait le 8 mai dernier lors d'un contact avec mon homologue chinois ; je lui ai rappelé aussi que le Parlement a son indépendance, sa liberté de réflexion et d'expression, et que, si nous entretenons des rapports avec le Parlement qui contrôle le gouvernement, il ne revient pas à ce dernier de le contrôler", a ajouté Mme Wilmès.

Samuel Cogolati (Ecolo-Groen) :"Nous ne faiblirons pas"

Le député Samuel Cogolati (Ecolo-Groen) s'est défendu mercredi de viser la Chine dans le combat qu'il mène en faveur de la minorité ouïghoure. Il n'entend toutefois pas faiblir face aux injonctions de Pékin après le vote d'une résolution en commission des Relations extérieures de la Chambre.

"Notre message n'est pas contre la Chine, mais pour le respect des droits humains", a souligné le député. "Peu importe la religion ou la couleur de peau, nous avons toutes et tous un droit fondamental à la dignité. C'est pourquoi l'incarcération de plus d'un million de Ouïghours innocents dans des camps, uniquement en raison de leur ethnicité, est une honte".

Le parlement fédéral, "face aux pressions", a mené son travail en écoutant des experts et des témoins de la situation vécue par cette minorité musulmane en butte à la politique répressive du régime chinois dans la province du Xinjiang, a-t-il rappelé.

"Dénoncer les abus graves et nous lever contre les discriminations, ce n'est rien de plus que notre mission comme parlementaires. D'autres assemblées démocratiques ont aussi dénoncé un génocide avant nous. Voilà pourquoi nous ne faiblirons pas en Belgique face aux sanctions ou intimidations, peu importe le pays, puissant ou non. C'est cet attachement aux droits fondamentaux qui grandit notre petit pays", a-t-il conclu.

Le député écologiste est l'une des personnalités européennes visées par les sanctions de Pékin. Dans une proposition de résolution, il est le premier en Belgique à avoir évoqué un "génocide" des Ouïghours. Mardi, la commission des Relations extérieures a approuvé une résolution concertée entre les partis de la majorité qui reconnaît "un risque sérieux de génocide".

"Nous appelons la Belgique à rectifier immédiatement son erreur", a déclaré mercredi devant la presse un porte-parole de la diplomatie chinoise, Zhao Lijian, qui s'en est pris au député belge.

"Ce député a délibérément répandu des mensonges et des fausses informations, causant un tort grave aux intérêts et à la souveraineté de la Chine", a accusé M. Zhao.
 

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