"C'est suite à une décision ministérielle que l’OVAM n’a pas communiqué sur la pollution au PFOS"

Henny De Baets, l’administratrice générale de l'Agence publique des déchets de Flandre (OVAM) brise le silence sur le dossier de la pollution au PFOS à Zwijndrecht. Dans un communiqué diffusé par son avocat Me Patrick Hofströssler, elle évoque des "accusations injustes" portées contre elle. Elle affirme que la décision de ne pas laisser OVAM communiquer à la population sur les dangers des PFOS, en 2017, résultait d"une décision ministérielle prise à l'époque".

"Dans ce débat, qui est essentiel pour le citoyen, il n'y a pas de place pour des informations fragmentaires, ni pour des accusations injustes qui pourraient menacer une enquête approfondie du Parlement flamand", indique le communiqué.

"La société a droit à la vérité et à un dossier complet", ajoute Henny De Baets. "Je regrette vivement qu'aujourd'hui aucun dialogue serein ne soit possible et qu’une fausse accusation après une insinuation tendancieuse soit répandue. Elle déplore les fuites quotidiennes dans ce dossier, qui sont faites pour marquer des points aux dépens de quelqu'un d'autre. Je ne participe pas à cela, ma communication de fond est toujours allée à mon ministre de tutelle, comme il se doit."

Henny De Baets voulait répondre, entre autres, à l'absence de communication en 2017 sur les dangers de pollution aux PFOS à Zwijndrecht. "Mes employés et moi-même, nous nous sommes conformés à une décision ministérielle de l'époque selon laquelle l'OVAM ne prendrait pas l'initiative de la communication ou ne serait pas impliqué parce que Lantis - ‘Leefbaar ANTwerpen door Innovatie en Samenwerking’ (anciennement BAM, la société de gestion de la mobilité à Anvers ndlr.) avait suffisamment d'expérience en matière de communication (avec les habitants). Ce n'était donc pas ma décision, ni celle de mes employés qui ont travaillé sur ce dossier."

Ce dernier point est particulièrement important, car Henny De Baets affirme ici que la décision de ne pas laisser OVAM communiquer a été prise par le ministre flamand de l'Environnement de l'époque. En 2017, la ministre en question était Joke Schauvliege (CD&V). Cette dernière a déclaré qu'elle réservait ses déclarations à la commission d'enquête du Parlement flamand.

De son côté, la société Lantis a déclaré à VRTNWS samedi soir,  qu'elle n'avait jamais reçu de demande du gouvernement flamand pour communiquer sur les dangers du PFOS.
 

La population n’a pas été informée des risques sanitaires

Au début des travaux en vue de la liaison Oosterweel (bouclage du ring d’Anvers), le maître d'ouvrage BAM/Lantis a mené sa propre enquête sur la qualité du sol. Les analyses ont établi une forte contamination du terrain dès 2017. Il est ressorti que la présence de PFOS posait problème tant pour la santé publique que pour la chaine alimentaire. Le rapport du 6 octobre 2017 conseillait de ne pas consommer les légumes issus des zones polluées au-delà des normes. Il a également été déconseillé de laisser les enfants jouer dans les bacs à sable où les sols avaient été contaminés. En dépit de ces informations, la communication prévue des services de gestion des déchets (OVAM) aux habitants n'a pas eu lieu.

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