Pourquoi Jürgen Conings n’a-t-il pas été retrouvé plus tôt, malgré cinq semaines d'intenses recherches ?

Dimanche, la découverte du corps de Jürgen Conings a mis fin à une chasse à l'homme de plusieurs semaines dans le parc national de Haute Campine (Limbourg). Le cadavre du militaire en cavale a été retrouvé par coïncidence, par le bourgmestre de Maaseik, lors d’une randonnée en VTT, ainsi que par un chasseur local. Beaucoup se demandent cependant pourquoi les services de police et de l'armée ne sont pas parvenus à mettre la main dessus plus tôt. "C'était comme chercher un grain de riz sur vingt terrains de football d'herbes hautes", a expliqué le procureur fédéral Frédéric Van Leeuw au journal de la VRT. "Il était impossible de balayer toute cette zone."

Une impressionnante chasse à l'homme avait été lancée, il y a plus d’un mois, pour retrouver le soldat fugitif Jürgen Conings. Rapidement, l'enquête s’est orientée vers le Dilserbos à Dilsem-Stokkem, où sa voiture a notamment été retrouvée. De vastes zones de forêt ont été fouillées mètre par mètre par des militaires et des policiers. Les recherches n’ont toutefois pas livré de grands résultats.

Ce n'est qu'après trois semaines qu'un sac à dos contenant des munitions a été découvert, non loin de l'endroit où se trouvait sa voiture. Et puis brusquement, plus d'un mois après la disparition de Jürgen Conings, son corps est retrouvé dans le Dilserbos. 

"Nous n'avons pas cherché à l'aveugle"

"Le corps a été trouvé à 150 mètres d'une zone que nous avions balayée. Mais c'était comme si nous devions chercher un grain de riz sur vingt terrains de football et avec des herbes hautes. C'était une zone très difficile à fouiller", a commenté le procureur fédéral Frédéric Van Leeuw au micro du journal de la VRT. 

"150 mètres dans une forêt comme celle-ci, c'est beaucoup, je peux vous le garantir",  précise-t-il à la RTBF. "C'est un terrain très complexe et sauvage, avec des fougères de près de 2 mètres de haut. Si vous y laissez tomber quelque chose, vous n'êtes même pas sûr de le retrouver". 

"Nous avions quelques indications issues de l'enquête, donc nous n'avons pas cherché à l'aveugle. Mais c'était une tâche sans espoir de balayer toute cette zone. Nous sommes donc heureux que la découverte ait été faite si rapidement, même si nous aurions aimé le retrouver vivant", poursuit Frédéric Van Leeuw. 

Pourquoi maintenant ?

D’après l'état du cadavre, il semblerait que le corps de Jürgen Conings était probablement étendu là depuis un certain temps. En période de fortes chaleurs telles que celles qu’on a connues ces derniers jours, il est normal, selon les médecins légistes, que la décomposition se produise beaucoup plus rapidement. Ce qui expliquerait partiellement pourquoi deux personnes auraient remarqué l’odeur de cadavre ce dimanche.

"Au début il faisait froid, il faisait 9 degrés, alors que plus tard il a fait très chaud", explique le procureur fédéral. "Comme le vent était maintenant dans la bonne direction, l'odeur a pu être sentie sur la piste de VTT. C'est pourquoi deux personnes l'ont remarquée presque au même moment".

L'enquête reste ouverte

La façon dont Conings a été tué devrait être clarifiée par l'autopsie qui a eu lieu hier soir et encore ce lundi matin. "Selon toute vraisemblance, il s'agit d'un suicide par arme à feu, mais cela doit encore être confirmé par un médecin légiste", indique Frédéric Van Leeuw.

Ce dernier souligne que l'enquête se poursuivra pendant un certain temps encore, notamment pour déterminer si Conings a bénéficié d'une aide quelconque.

Les plus consultés