La majorité des personnes qui refusaient de se faire vacciner a finalement changé d’avis

De plus en plus de personnes qui avaient des doutes sur les vaccins Covid au début de la campagne ont finalement choisi de se faire vacciner. C'est la conclusion du nouveau baromètre de la motivation des universités de Gand (Ugent), KU Leuven,  Louvain-la-Neuve et l'ULB. L’information est donnée par de nombreux journaux dont De Morgen et De Standaard. D’après les chercheurs, "il faut à tout prix éviter la contrainte, les hésitants demandent de la patience pour prendre une décision".

Dans notre pays, plus de 7 adultes sur 10 - c'est-à-dire plus de la moitié de la population totale - ont déjà reçu au moins une dose du vaccin anti-Convid. Les choses progressent donc assez bien et on peut parler de nouvelles positives dans la lutte contre le variant Delta, plus contagieux.

Mais ce qui est encore plus positif, c'est que le groupe de personnes qui avait des doutes sur un vaccin - ou qui le rejetait carrément – est finalement persuadé de se faire vacciner. C'est ce que montre le dernier baromètre de la motivation des universités de Gand, Liège et Louvain-la-Neuve. Parmi les personnes qui n'étaient pas encore sûres en avril de vouloir se faire vacciner, près de 8 sur 10 (79 %) ont maintenant changé d'avis.

Le vaccinologue Pierre Van Damme a également remarqué cette évolution dans l'enquête bihebdomadaire sur le coronavirus menée par l’université d’Anvers l'UAntwerpen. "On constate que le pourcentage de personnes qui hésitent à se faire vacciner diminue progressivement. C'est une bonne évolution, mais c’est aussi compréhensible. Un certain nombre de personnes ont posé des questions pendant un certain temps. Ensuite, il y a eu de nombreuses campagnes d’informations et de sensibilisations menées par les Régions et cela a porté ses fruits".

Les jeunes adultes favorables au vaccin

Même les vrais réfractaires au vaccin se sont radoucis ces derniers mois. Plus de 6 sur 10 sont passés du refus au doute et même du doute à l'enthousiasme pour le vaccin entre janvier et avril et entre avril et juin. Près de la moitié de ce groupe initialement réticent a déjà été vacciné.
Le professeur de psychologie Maarten Vansteenkiste parle de chiffres "très encourageants". "Et la volonté de se faire vacciner chez les -35 ans (le groupe qui sera concerné dans les prochaines semaines, ndlr) est également élevé voire très élevé."

Près de 3 personnes sur 4 (73 %) âgées de 35 ans et plus se disent prêtes à accepter un vaccin. "Et si nous regardons l'échantillon total, nous arrivons à 82 % des -35 ans déjà vaccinés ou très désireux de se faire vacciner. L'évolution positive que nous avons constatée chez les adultes plus âgés se poursuit chez les jeunes adultes."

Bruxelles encore à la traîne

Si vous regardez la couverture vaccinale, il y a de grandes différences en fonction des Régions. En Flandre, c'est 74 pour cent des adultes, mais seulement 51 pour cent à Bruxelles. Cela inquiète Pierre Van Damme, même s'il sait que des mesures sont prises à Bruxelles. "C'est important, car sinon on risque d’avoir plus de personnes sensibles dans une certaine partie du pays, où le virus peut survivre et se propager. Il est dans l'intérêt de tous que ces pourcentages soient aussi élevés que possible sur l'ensemble du territoire."

Et cela peut réussir, si vous regardez la Wallonie. "Elle est en train de se rattraper mais cela a pris un peu plus de temps. Voir que les gens se font vacciner fait en sorte que vous vous ferez vacciner. Les récits des personnes qui reviennent des centres de vaccination sont positifs et cela a également un effet sur les personnes qui sont restées chez elles. Il faut leur donner du temps. Mais nous sommes en pleine pandémie, donc nous voulons que ces chiffres augmentent rapidement dès juillet."

"Surtout ne pas mettre la pression"

Le Baromètre des motivations a également tenté de déterminer d'où vient cette volonté accrue de vaccination. Le mot clé semble être la "patience", ajoute Maarten Vansteenkiste.
Au terme d'un questionnaire soumis à 4.300 répondants, trois stratégies de motivation font l'unanimité : la fourniture d'informations ciblées, la conversation en tête-à-tête avec un prestataire de soins de santé et la possibilité de se faire vacciner par son médecin traitant.
Bref, il faut donner aux hésitants, le temps nécessaire pour prendre la décision eux-mêmes.
En d’autres termes, mettre pression ne fonctionne manifestement pas. Il est également frappant de constater que ceux qui sont convaincus de l'importance des vaccins se trompent souvent sur la bonne approche à adopter. Alors que les sceptiques demandent explicitement de la patience pour pouvoir prendre une décision à leur propre rythme, les convaincus veulent faire monter la pression en récompensant ou en forçant la vaccination et veulent accorder des privilèges à ceux qui ont été vaccinés.

"Les réfractaires et les sceptiques sont fortement opposés aux récompenses", observe Maarten Vansteenkiste. "Dans ce cas, ils se sentent obligés à se faire vacciner et ils commencent à douter plus longtemps parce qu'ils n'ont pas pris cette décision eux-mêmes.


 

Les plus consultés