Des suspects ont versé près d’un milliard d’euros pour éviter des poursuites

Depuis l'introduction controversée en 2011 de la "loi sur la transaction financière", 1.368 personnes physiques et morales ont eu la possibilité de racheter leurs poursuites, principalement dans des affaires de fraude. Elles ont ainsi versé ensemble près d'un milliard d'euros à l'État pour éviter une condamnation, rapporte le journal De Tijd ce samedi.

La députée Sophie De Wit (N-VA) avait demandé ces chiffres au ministre de la Justice Vincent Van Quickenborne, à la suite de l'accord à l'amiable conclu avec les inculpés du dossier Beaulieu. Depuis 2011, quelque 1.368 personnes physiques ou morales, telles que des entreprises, ont pu racheter leurs poursuites grâce à une transaction pénale.

Dans 1.266 cas, les sommes d'argent ont été effectivement versées et aucune condamnation n'était plus à craindre. En 2020, 117 prévenus ont eu la possibilité de conclure un tel accord, contre 80 en 2019. Au total, plus de 955 millions d'euros ont été versés à l'État dans le cadre de ces transactions.

Près de la moitié a été versée aux tribunaux (446 millions d'euros). Le reste est allé aux autorités fiscales (401 millions d'euros), qui doivent également être indemnisées dans les cas de fraude fiscale. Quelque 86 millions d'euros ont également été remboursés sur les "plus-values" résultant des crimes. Près de 20 millions d'euros ont été versés à d'autres parties lésées et 720.000 euros sont allés à l'Office national de sécurité sociale.

Parmi les 1.368 transactions proposées depuis dix ans, 684 ont eu lieu en Flandre, 442 en Wallonie et 223 à Bruxelles. Les 19 autres ont été classées par le parquet fédéral. Aucun détail n'est donné sur les affaires dans lesquelles ces accords ont été conclus, mais elles concernent principalement des infractions fiscales, économiques ou financières.

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