L’entreprise 3M réagit pour la première fois au scandale de la pollution au PFOS

La multinationale américaine 3M a, pour la première fois, réagi de manière détaillée à la pollution au PFOS autour de son usine de Zwijndrecht (Anvers). 3M y a produit du PFOS ou perfluorooctane sulfonate jusqu'en 2002. La société s’engage à présent à prendre ses responsabilités en matière de "réparation". Il s'agit de la contamination des sols qui a de nouveau été mise en évidence en raison des travaux de la liaison routière Oosterweel autour d'Anvers.

Après des semaines de silence-radio, 3M a publié un communiqué de presse en réponse au scandale du PFOS du perfluorooctane sulfonate). Le moment n'est pas dû au hasard : à 14 heures, ce mardi après-midi, 3M devra répondre également devant la commission de l'environnement du Parlement flamand. Pour être clair : il ne s'agit pas de l'enquête parlementaire lancée la semaine dernière qui a comme objectif de savoir clairement qui est politiquement responsable des années de silence autour de cette pollution. Jusqu' ici, la multinationale avait choisi de ne pas communiquer.

Dans son communiqué, 3M affirme qu'elle respecte les règles, qu'elle collabore avec les autorités régionales et l'entreprise d'élimination des déchets OVAM et qu'elle continue à investir pour "assainir" le sol et les eaux souterraines.

L'entreprise réalise elle-même une étude approfondie du sol à la demande de l'OVAM. Cette étude décrit la gravité de la pollution et sa destination. Sur la base d'une analyse des risques, on détermine alors si les mesures actuelles pour contenir la pollution sont suffisantes ou si des mesures supplémentaires doivent être prises.

"Cette enquête en cours prend également en compte l'environnement aux alentours du site de l’usine 3M. Si les résultats de cette étude des sols nécessitent des mesures correctives supplémentaires, l'OVAM déterminera les étapes de suivi".
 

"Incertitudes scientifiques sur les dangers du PFOS"

Pour la multinationale, il existe encore de grande incertitude scientifique quant aux conséquences du PFOS sur la santé publique. Néanmoins, de nombreux scientifiques soulignent les risques pour la santé, la substance serait notamment cancérigène. Mais 3M nie les effets nocifs possibles :

"Les études menées sur les travailleurs de 3M - y compris ceux de Zwijndrecht - qui sont généralement plus exposés à ces matériaux que la population générale, ne montrent aucun effet néfaste sur la santé résultant de l'exposition au PFOS".
3M revient également sur l'accord de règlement conclu avec Lantis, l’entreprise qui construit la liaison Oosterweel à Anvers et dans les environs. 

Dans cet accord de règlement de 2018 qui a récemment fait l’objet d’une fuite, 3M nie être responsable de la pollution historique et s'engage à verser seulement 75 000 euros. En revanche, le gouvernement flamand - et donc le contribuable - devrait payer 63 millions pour lutter contre la pollution. En concluant le règlement, les travaux sur l'Oosterweel pouvaient être poursuivis, sinon un retard de plusieurs années menaçait. 3M déclare à présent ceci :

"L'accord avec Lantis ne concerne que les efforts d'assainissement conjoints pendant les travaux d'Oosterweel. Nous nous conformerons donc à d'autres responsabilités d’asainissement telles que déterminées par l'OVAM".

Il semble que l'entreprise américaine ne veuille pas se soustraire à ses responsabilités en matière de nettoyage (bien qu'elle préfère parler de réparation) des terrains situés dans et autour de l'usine de Zwijndrecht. Cette facture pourrait s'élever à des centaines de millions d'euros.

Enfin, 3M renvoie également à sa propre page d'information. L'entreprise y explique ce que sont les PFOS et le soin apporté à la manipulation de cette substance.

 

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